Amour Mythique

Abélard et Héloïse. Une des premières grandes histoires d’amour tragiques. Une de celles qui remet à l’honneur le sentiment amoureux, en plein Moyen-Age.

C’est cette histoire, souvent réécrite et recontée, qui est adaptée sous le titre Entre ciel et chair au Théàtre du Crève-Coeur pour quatre jours seulement (du 7 au 10 mars). Je sais, pendant les vacances. Mais plutôt que de bachoter une dernière fois votre bac blanc, dimanche après-midi, pourquoi ne pas vous immerger dans les mots et la musique de cet amour ?

Le spectacle, adapté du roman Une passion de Christiane Singer, est conçu pour une comédienne et une musicienne (violoncelliste dans la version montée à Genève).

Au-delà du récit historique, une vision du monde où le profane et le sacré se confondent, où le charnel et le spirituel fusionnent, où les destins tragiques sont appelés à être transcendés. Couvent du Paraclet, 1161. Vingt ans après la mort d’Abélard, Héloïse se retourne une dernière fois sur sa vie et son destin. Sur un plateau nu, un duo : voix et archet. Une mise en scène épurée au service d’un texte éblouissant. Ce spectacle a reçu un accueil unanime du public et de la presse, dès sa création au Festival d’Avignon en 2004, en tournée, et à Paris au Lucernaire. Un spectacle inoubliable.

FRANCE CULTURE : Une actrice éblouissante… un spectacle très épuré, absolument magnifique.

TELERAMA : Christelle Willemez épouse toutes les couleurs de ce destin de femme. Sa voix est un chant d’amour et de lumière.

Plus de détails ici : http://www.entrecieletchair.fr/

Et un extrait vidéo ici :  http://vimeo.com/36412601

Informations pratiques : +41 (0)22 786 86 00 – Théâtre Le Crève-Cœur ; 16 chemin de Ruth ; 1223 Cologny

S’y rendre en transport en commun : bus A (arrêt Cologny-Mairie)

Recommandé pour : ceux qui aiment les grandes histoires d’amour ; ceux qui s’intéressent au Moyen-Age et en particulier au rapport corps/âme, charnel/spirituel, profane/religieux à cette époque ; les musiciens ; les Premières L (réécritures)

Autres lectures sur Héloïse et Abélard : une très belle édition de leurs lettres, traduites et présentées par Sylvain Piron sous le titre Lettres des deux amants chez Gallimard ; la biographie Héloïse et Abélard de Régine Pernoud ; ou un roman historique (très romancé, mais agréable à lire), Très sage Héloïse de Jeanne Bourin

Platon au Sauna

Comme je l’annonçais ici, le Poche (Genève) propose en avril (du 8 au 28 avril, pour être précise) une adaptation théâtrale du Gorgias de Platon par José de Lillo.

Dans Gorgias, Socrate pose cette question : qu’est-ce que parler veut dire ? Est-ce l’acte de proférer des mots pour convaincre son interlocuteur, au mépris de la vérité ? Le langage est-il un instrument pour dominer les autres ou pour se gouverner soi-même ? Platon démontre que parler, c’est toujours agir, et que la parole et la philosophie sont nécessaires mais peut-être impossibles dans la cité.

Combattre avec les mots comme on combat avec ses poings, tel est le pari de José Lillo qui choisit de situer cette redoutable joute oratoire entre quatre philosophes, champions de la rhétorique, dans un sauna.

Voilà qui est audacieux et semble tout à fait intéressant pour nos élèves !

Informations pratiques : Tarif(s) : de 15 à 35.- CHF – Information et réservation +41 (0)22 310 37 59 – Le Poche ; Rue du Cheval-Blanc 7 ; 1204 Genève

Recommandé pour : Terminales (philosophie : rappelons que Platon est au programme de toutes les classes, et le langage spécifiquement en L et ES) ; Premières (argumentation, rhétorique) ; élèves préparant Sciences Po

Art de Yasmina Reza

C’est sans doute la plus célèbre pièce de Yasmina Reza, passionnante réflexion sur l’art contemporain mais aussi sur l’amitié et la communication (sujet éminemment théâtral).

Art est l’œuvre à succès, primée par deux Molières qui a lancé Yasmina Reza. Cette pièce met en scène les questions liées à l’Art contemporain et leurs implications dans la vie de tous les jours. Un groupe de trois amis en fait les frais…

Ce texte réunit et désunit ces trois personnages face à un tableau d’art contemporain. Blanc. Cher. Serge, un médecin dermatologue, et Marc, ingénieur dans l’aéronautique s’opposent complètement sur le point de vue de l’acquisition d’une telle œuvre. Et Yvan, le tiers, tente de réconcilier les deux protagonistes, dont la rupture s’annonce de plus en plus évidente. Tentative vaine. Le rapport humain se brise sur un fait inéluctable : les deux hommes s’enferment de plus en plus dans leurs convictions, rendant tout dialogue impossible.

Elle sera représentée du 14 au 21 mai 2013 au Théâtre Alchimic à Genève. Le metteur en scène déclare vouloir se démarquer de « l’esthétique de réalisme bourgeois propre à une démarche de type »théâtre privé parisien » » qui a prévalu jusque là dans la représentation de la pièce.

Informations pratiques :

Information et réservation +41 (0)22 301 68 38

Théâtre Alchimic ; 10 avenue Industrielle ; 1227 Carouge

S’y rendre en transport en commun : tram 15 (arrêt Industrielle), bus 11 (arrêt Epinettes)

Parking à proximité : Office World sur les Acacias

Recommandé pour : les élèves de Première (théâtre et représentation); les passionnés d’art

Baudelaire à Plan-les-Ouates

Découvrir la poésie, pour les lycéens, c’est souvent aussi découvrir Baudelaire, désormais au programme de Seconde.

Réfléchir sur la poésie, pour les Premières, c’est aussi se demander comment elle peut être en prose et rester poétique, comment elle peut dire le monde de tous les jours et le montrer par une toute nouvelle fenêtre (même une fenêtre fermée.)

Nos élèves peuvent donc aller écouter une lecture théâtralisée de « l’autre » grand recueil de Baudelaire, Le Spleen de Paris (Petits poèmes en prose.)

Après avoir approché l’œuvre d’Arthur Rimbaud, Philippe Lüscher se plonge à nouveau dans l’œuvre d’un grand écrivain du XIXème siècle, Charles Baudelaire. Dire de la prose, c’est se rapprocher sans doute de notre langue ordinaire. La valeur de la poétique étant dans le texte lui-même.
Lieu de création de la pièce, Plan-les-Ouates accueille en toute intimité l’univers de Baudelaire, fait d’interrogations, d’idées sur la vie à travers des personnages de la société, sans distinction. Des textes en prose qui offrent à chaque fois la lecture d’une histoire courte, rythmée, cocasse, dont le vecteur est le comédien, en étroite relation avec le public. « En somme, c’est encore Les Fleurs du mal, mais avec beaucoup plus de liberté, et de détail, et de raillerie », explique Charles Baudelaire, à propos du Spleen de Paris.

Informations pratiques : Représentation le 08.03.2013 à 20h00 ; Durée : 1h00 ; Tarif(s) : de 8 à 22.- CHF

Information et réservation +41 (0)22 884 64 00
www.plan-les-ouates.ch/culture (La Julienne ; Maison des arts et de la culture ; Route de St-Julien 116 ; 1228 Plan-les-Ouates

S’y rendre en transport en commun : lignes D et 4 (arrêt Aviateurs), ligne 12 (arrêt Trèfle Blanc ; Parking à proximité : en face de la salle, place des Aviateurs

Recommandé pour : Secondes et Premières (poésie) ; tous les amoureux de Baudelaire

1984 : une dystopie toujours d’actualité

affiche1984finaleGeorge Orwell imaginait en 1948 ce que serait 1984… Pessimiste ? Sans doute. Mais les inquiétudes qu’ils formulent (vidéo-surveillance permanente, Police de la Pensée, propagande véhiculée par un nouveau langage appauvri de tous les mots de liberté et de création…) restent d’actualité.

Ce roman, adapté pour le théâtre, sera à l’affiche du Théâtre du Loup du 15 au 27 mars 2013.

Prophétique et terrifiant, le roman de George Orwell décrit un monde totalitaire qui offre de troublantes similitudes avec notre réalité : surveillance, paranoïa, pensée unique, censure des médias, délire sécuritaire, solitude … Au Ministère du Langage une monstrueuse langue de bois est conceptualisée. On codifie, on épure, on censure, on supprime des mots par milliers. On assiste à l’extermination en bonne et due forme des nuances, des termes nuisibles, des évocations douteuses et des sous-entendus de toute nature. La conclusion d’Orwell est sans appel : celui qui contrôle les mots peut modifier la pensée. Paradoxalement, dans le monde orwellien, il faut déployer tout le talent et l’intuition de poètes authentiques pour dépister et annihiler les plus fines potentialités de la langue. La création de la Compagnie Générale de Théâtre explore ce massacre jusqu’au-boutiste du langage et propose une mise en perspective tout en finesse de cet aspect moins caricatural qu’il n’y paraît du roman d’Orwell.

Infos pratiques :

Réservations : tél. +41 22 301 31 00

Théâtre du Loup – 10, chemin de la Gravière – 1227 Les Acacias, Genève, Suisse / info@theatreduloup.ch

Beckett, Genet et Tahar Ben Jelloun

Quelle affiche !

Deux grands dramaturges francophones du XXème siècle, Samuel Beckett et Jean Genet, souvent méconnus des élèves (c’est sans doute notre faute !), mais dont la force et la modernité les frapperaient sûrement. Et un grand auteur, bien vivant, prix Goncourt, le franco-arabe et grand pédagogue Tahar Ben Jelloun.

Cela donne Beckett et Genet, un thé à Tanger, au théâtre Le Crève-Cœur à Genève jusqu’au 24 février.

Tahar Ben Jelloun explique ainsi la création de la pièce :

Cette pièce a été une « commande » du metteur en scène Pierre Chabert et de Barbara Hute. Nous avons travaillé ensemble au fur et à mesure que je l’écrivais. Je leur dois beaucoup surtout en ce qui concerne l’univers de Beckett qu’ils connaissent bien. La pièce allait être montée, malheureusement Pierre Chabert est décédé brusquement en janvier 2010.
L’idée de cette pièce : réunir dans un café à Tanger Beckett et Genet, qui ne s’étaient jamais rencontrés de leur vivant ; ils attendent la visite de leur ami commun Giacometti ; les trois personnages se connaissaient mais ne s’étaient jamais retrouvés réunis. Par la magie de la fiction, ils pensent que ce sera possible, mais Giacometti ne viendra pas, un peu comme Godot.
C’est une comédie ; tous les dialogues sont puisés dans leur vie, leur œuvre.

Et le théâtre présente ainsi le spectacle :

Avec son écriture dense, énigmatique, sensorielle, vertigineuse aussi, Tahar Ben Jelloun met en scène ces deux auteurs insondables et magnifiques, qui ne se sont jamais rencontrés et auraient eu tant à partager. Beckett et Genet, une rencontre entre deux monstres de la littérature.

Dans cette pièce récente, Beckett se montre volubile sous la plume de Tahar Ben Jelloun, et Genet réaffirme sa différence. Leur affrontement amical pétille de réciproque admiration ; habilement l’auteur place dans les dialogues les éléments historiques qui nous font plonger dans la biographie de chacun sans avoir l’air d’y toucher. En faisant revivre les fantômes de ces deux extraordinaires personnalités, Tahar Ben Jelloun nous fait accepter que nous sommes dans une évocation, un rêve impossible. Une rencontre dans un certain paradis, incarné par un Tanger idéalisé. Il re-convoque le mystérieux G et le concrétise en la personne de Giacometti. Pendant toute la pièce, Beckett et Genet l’évoquent et l’attendent… tel Godot qui ne viendra pas. Et Genet d’ajouter « Ah Giacometti est mort, je sais, c’est une illusion ».

Notez, quelle occasion !, que :
Le Crève-Cœur aura le plaisir d’accueillir l’auteur le vendredi 14 février pour un dialogue avec le public après la représentation. Réservez vite au + 41 (0) 22.786.86.00

Informations pratiques :

Théâtre Le Crève-Cœur
16 chemin de Ruth
1223 Cologny

S’y rendre en transport en commun : bus A (arrêt Cologny-Mairie)

Tarif(s) : de 10 à 30.-

Recommandé pour : tous ! En particulier les Premières (Le théâtre et sa représentation).

De Voltaire à Fukushima

ImageLes lecteurs de Candide sont familiers du « désastre de Lisbonne », du poème qu’il a inspiré à Voltaire, des malheurs qu’il a engendrés pour Candide et Pangloss, et du doute que les humains les plus optimistes ne peuvent s’empêcher de ressentir face à un tel événement — ou à toute catastrophe naturelle, éruption volcanique, raz de marée.

Mais toutes les catastrophes ne sont pas « naturelles »…

Poème (sonore) sur le désastre de Lisbonne (et de Fukushima…)

Du 15 au 17 février 2013 au Châtelard (Ferney)
Textes d’après Poème sur le Désastre de Lisbonne de Voltaire et Ce n’est pas un Hasard de Ryoko Sekiguchi l

Lisbonne est abîmée et l’on danse à Paris

Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,

De vos frères mourants contemplant le naufrage

Vous recherchez en paix la cause des orages

Que dire lorsqu’on est le tranquille spectateur d’un désastre? Rien ? Il y a pourtant le désir de penser ou de déjouer les pièges de la pensée. Il y a le texte de Voltaire, spectateur lointain du tremblement de terre de Lisbonne, en 1756. Texte critique. Il dénoue la nature voilée des choses et ce que nous y projetons d’intentionnalité désastreuse, punitive ou providentielle.

Il y a la chronique de Ryoko Sekiguchi. Japonaise, elle réside à Paris. Elle est spectatrice éloignée de la double catastrophe, naturelle et industrielle, de Fukushima. Elle piste la ténacité des discours autrefois démontés par Voltaire. Paroles vaines de spectateurs qui contemplant le naufrage recherchent en paix la cause des orages, paroles qui prétendent révéler le sens
caché des catastrophes. Ce n’est pas un hasard ! C’est le dessein vengeur d’une main invisible. God design. Le dernier cri.

Que peut dire le spectateur tranquille devant le désastre ? Entasser les mots sur les morts ? Non. Un poème pour désensevelir les images des images, pour désactiver les discours. Une tentative de pensée minimale. Un poème sonore pour une voix de comédien, une guitare, une bande électroacoustique. Presque silence + récitatif. Un thrène pour réfléchir.

Vendredi et samedi à 20h l Dimanche à 17h

Spectacle dès 15 ans

Plein tarif 20€ l Séniors et abonnés Saison Voltaire et Comédie de Genève 15€ l Étudiants et chômeurs 10€

Réservations : 04.50.28.26.40 l contact@fortheatre.fr

Recommandé pour : Secondes (les Lumières, l’argumentation) ; Premières (argumentation, question de l’homme) ; tous les amateurs de Voltaire ; tous ceux qui s’interrogent sur le Désastre de Fukushima (les éco-délégués ?)