La Religieuse au cinéma

header_la_religieuse2013 est l’année Diderot, nous en avons déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, par exemple pour signaler à la Comédie de Ferney le spectacle La Maréchale et le Libertin (en avril 2013) et l’adaptation théâtrale de La Religieuse (en novembre 2013).

Mais le même roman de Diderot (célèbre, brûlant, controversé, moderne !) est adapté cette année au cinéma par Guillaume Nicloux avec Pauline Étienne, Louise Bourgoin, Isabelle Huppert… Sortie en salles le 20 mars.

XVIIIe siècle. Suzanne, 16 ans, est contrainte par sa famille à rentrer dans les ordres, alors qu’elle aspire à vivre dans « le monde ». Au couvent, elle est confrontée à l’arbitraire de la hiérarchie ecclésiastique : mères supérieures tour à tour bienveillantes, cruelles ou un peu trop aimantes… La passion et la force qui l’animent lui permettent de résister à la barbarie du couvent, poursuivant son unique but : lutter par tous les moyens pour retrouver sa liberté.

Je ne l’ai pas encore vu mais Zéro de conduite propose un site pédagogique pour accompagner sa sortie : http://www.zerodeconduite.net/lareligieuse

On peut d’ores et déjà y voir la bande-annonce, y lire un intéressant entretien du réalisateur avec des enseignants, et pour les professeurs y télécharger un dossier pédagogique.

Recommandé pour : Secondes (Genres et formes de l’argumentation : XVIIe et XVIIIe siècles), Premières (la question de l’homme dans les genres de l’argumentation, les réécritures)

Pour l’instant, il n’est prévu qu’à Carouge : quel dommage !

Actualisation : Le film est au programme du Festival des Cinq Continents ! Il sera donc projeté au Cinéma Voltaire (Ferney) le samedi 25 mai à 15h, suivi d’un échange avec Martin Barnier,professeur de cinéma à Lyon 2, et trois séances scolaires sont prévues :

Mardi 28 mai 09h00
Jeudi 30 mai 09h00
Vendredi 31 mai 09h00

Chaque Homme est une Race

Chaqhom_musique

Du 22 au 24 mars 2013 sera représentée au théâtre du Châtelard (Ferney) cette très belle pièce helvético-africaine que les élèves d’Option Théâtre du lycée ont appréciée l’an dernier.

Un metteur en scène suisse, Patrick Mohr, a travaillé à partir de textes de Mia Couto, écrivain mozambicain, et avec des comédiens, musiciens, danseurs, griots du Burkina Faso et du Mali.

La presse genevoise, lors de la première tournée, était aussi enthousiaste que notre Option Théâtre :

 « Il y a dans cette réalisation du Théâtre Spirale l’authenticité des grandes mises en scène, la générosité d’artistes sachant porter un texte entre vécu et fiction, poèmes, chansons et danse.
Magnifique hommage à une Afrique déchirée par sa misère et ses espérances, et paradoxalement si riche dans l’expression de ses cultures. Ou manifestation poétique de nations au bord du gouffre, qui puise dans ses poètes, la distance et l’humour. »
(La Tribune de Genève, Chantal Savioz, mai 2009)
 « Tirée du livre Les Baleines de Quissico, cette pièce évoque en trois récits le mirage capitaliste et le dénuement extrême dans une langue pourtant drôle, poétique et colorée. Plaisir et émotions
garantis ! »
(Le Courrier, Dominique Hartmann, mai 2009)
Production Théâtre Spirale–Genève, en collaboration avec Troupe Sò au Mali, Compagnie Deux Temps Trois Mouvements en France, Centre Djéliya au Burkina-Faso

Informations pratiques : Spectacle tout public ; Durée 1h40 ; Plein tarif 20€ l Séniors et abonnés Saison Voltaire 15€ l Étudiants et chômeurs 10€ ; Vendredi 22 et samedi 23 mars à 20h l Dimanche 24 mars à 17h

Recommandé pour : Tous. Que ce soirt pour le plaisir du théâtre, de la musique, la vision de l’Afrique ou des rapports Nord/Sud.

Le Printemps des Poètes sur France Culture

printemps des poètes

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, j’écoute France Culture. Et je vous jure que ce n’est pas par affectation (j’écoutais France Culture bien avant d’être référent culture…) Simplement, j’ai essayé diverses stations et fini par découvrir qu’aucune, absolument aucune, n’était aussi intéressante que France Culture. Essayez.

En voici une preuve de plus avec les émissions que la station consacre au quinzième Printemps des Poètes, sur le merveilleux thème des « voix du poème » (on ne peut plus radiophonique, il faut l’avouer) :

Le samedi 9 mars, de 21h à 22h, une soirée spéciale de Drôles de Drames en ouverture du Printemps des Poètes, en direct et en public du Studio 105 de la Maison de Radio France, avec Angélique Ionatos, Les Têtes Raides, Guillaume Durieux et le lauréat du Concours Andrée Chedid du poème chanté.

L’émission du 15 mars de L’Atelier du Son de Thomas Baumgartner sera un Cabaret poétique poétique sonore, enregistré en public aussi pour les heureux Parisiens à la suite du direct de Drôles de drames.

Autres émissions poétiques prévues : Le Carnet d’or (samedi 16 mars), Ça rime à quoi (dimanche 17 mars), Pas la peine de crier du 18 au 29 mars.

Peut-être même y entendrez-vous les voix de nos élèves puisque nous avons participé à l’opération « Dis-moi un poème ».

Au lycée, nous prévoyons aussi des diffusions de poèmes par les hauts-parleurs de l’Agora et comme tous les ans, le grand concours de poèmes du Printemps.

Identité : Israélo-Palestinien

aporteeNous rappelons que les 15 et 16 mars sera représentée à la Comédie de Ferney la remarquable pièce A portée de crachats de Taher Najib, mise en scène par Laurent Fréchuret et interprétée par Mounir Margoum.

De Ramallah à Tel-Aviv en passant par Paris, Taher Najib raconte sur le ton de l’ironie douce-amère les tribulations d’un acteur palestinien sans cesse confronté à des images de lui-même qu’il récuse : celle du guerrier arabe avide de vengeance qu’il incarne sur scène, celle du djihadiste en puissance dans les aéroports internationaux, celle du terroriste potentiel dans son propre pays, Israël, ouù il n’est jamais perçu ni traité comme un citoyen de plein droit.

Ce témoignage drôle et poignant sur les paradoxes de l’identité israélo-palestinienne ouvre une réflexion sur l’existence elle-même. A portée de crachat, à portée de tir, à un jet de pierre, à deux pas d’ici, deux peuples vivent sur un territoire divisé.

Acteur et auteur palestinien de nationalité israélienne, Taher Najib a d’abord écrit cette pièce en hébreu, la langue de l’autre, qu’il adresse aux Israéliens, en signe de main tendue. A travers des scènes du quotidien, A portée de crachat révèle un personnage attachant et complexe, ballotté entre la grande histoire et son métier de comédien qui l’amène à traverser les frontières, à vivre d’un côté et de l’autre, sans être vraiment nulle part chez lui. Usant du détour par le rire, cette pièce en forme de monologue-récit interroge l’identité, sans dogmatisme.

Annick Gambotti nous dit combien elle aime cette pièce :

C’est excellent, actuel, joué par un grand comédien et remarquablement mis en scène.
Ce spectacle, pour moi coup de coeur d’Avignon est repris bientôt, entre autres lieux, au théâtre du Rond Point à Paris.
Ce texte touchant un sujet sensible est magnifique. Il est tellement bien joué et mis en scène ( je me répète !) et on rit beaucoup !

Alors, même si ces dates clôturent une semaine éprouvante de bac blanc pour une bonne partie de nos élèves… allez-y.

Informations pratiques : Comédie de Ferney, les 15 et 16 mars à 20h30. Durée 1h15. Places à 15 € (tarif réduit de 10 €, valable bien sûr pour les lycéens).

Recommandé pour : tous ! En particulier tous ceux, nombreux, qui s’intéressent d’une façon ou d’une autre au conflit israélo-palestinien.

Littérature & Cinéma sur France 3

madamebovaryhome-48907Un bref message pour signaler, hélas avec un peu de retard, que le remarquable Cinéma de Minuit sur France 3 diffuse en ce moment un cycle « Littérature & Cinéma ».

Ce dimanche 3 mars à minuit sera diffusée l’adaptation de Madame Bovary de Flaubert par Vincente Minnelli (1949).

Noces à la Comédie de Ferney

Le premier post d’élève !

Vendredi 22 février (le soir des vacances) nous sommes allés voir avec quelques élèves Noces, d’après Albert Camus, à la Comédie de Ferney. Voici ce qu’en a pensé Thea Beronja, élève de Terminale Littéraire.

Etrange titre qui caractérise l’essai autobiographique, d’Albert Camus. Un mot qui au premier sens trompe le lecteur. L’auteur y raconte ses souvenirs et y dévoile ses sentiments, il y « célèbre les noces de l’homme avec le monde ». Il se pose plusieurs questions qui reviennent sans cesse, chacune caractérisées par un lieu, un souvenir. Une en particulier marque la nouvelle Noces à Tipasa. Le bonheur, ressenti par la joie et l’exaltation dans la promenade à Tipasa, et défini par cette question : « Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? » Mais Camus peint aussi le portrait de la souffrance avec les ruines qui recouvrent sa ville, son pays.

L’usage des mots pour raconter ce que l’on a vécu, ce que l’on ressent, est ici presque naturel. L’impression se crée comme si le texte s’écrivait au fur et à mesure que nos yeux avançaient au fil des pages. Nous avons abordé cette année en philosophie le problème du langage. Si la parole est un outil pour s’exprimer, elle n’aurait été conçue que pour faciliter la communication. Or dans l’essai autobiographique Noces il ne s’agit pas directement de communication. C’est avant tout une recherche pour exprimer le ressenti des expériences auxquelles Camus a été confronté. Le dialogue avec le lecteur ne se fera que plus tard lors de sa publication.

Le choix de le représenter au théâtre par une comédienne (Annick Gambotti), nous montre que quelque part, elle n’est que le « moyen » utilisé pour dire le texte. Son jeu dans la simplicité, permet justement de saisir le sens du texte sans être dérangé par autre chose. Je pense aussi que le comédien, est une personne qui arrive à prendre du recul sur sa personnalité pour entrer dans une autre ou plutôt pour permettre à quelque chose d’extérieur d’y entrer. Ainsi le texte prend possession du comédien et non l’inverse.

Un dernier point concernant le mélange entre musique et texte. J’ai trouvé que les deux se mariaient vraiment bien. La musique vient ici compléter le récit par ces mélodies qui le suivent à la perfection. À aucun moment je n’ai été troublée par le piano de Jean-Louis Deconfin, qui marquait les pauses et le passage à une autre partie de l’essai. Le bruitage du vent fait par la trompette illustrait le récit et nous amenait dans une autre dimension. Par moment, lors du « brouillard » percé par un mélange de parole et de sons, on avait vraiment l’impression d’y être. D’être avec la comédienne, et transporté par les pensées de Camus. La structure parallèle de la musique permettait de suivre le texte s’il arrivait qu’on en décroche. L’ouverture par « le vent », son perpétuel qui rythmait toute la représentation, puis d’un air à la trompette, suivi de cette mélodie au piano qui revenait chaque fois que Camus se souvenait d’autres choses, pour terminer à nouveau sur la trompette, dessinait un chemin à suivre, peut-être le chemin qu’Albert Camus a tenté de créer. Par ailleurs, cette musique improvisée était comme un tailleur fait sur mesure. En effet l’improvisation composée de ces quelques notes contribuait à porter le texte du bout des doigts pour permettre aux spectateurs de le saisir.

La toute fin, lorsque les deux voix, humaines cette fois, ont prononcé les dernières phrases à l’unisson, cela a pu nous montrer que l’instrument de musique permet d’illustrer et d’inventer une atmosphère particulière, mais que le meilleur, l’indétrônable instrument, et moyen par lequel un humain s’exprime : la voix et donc les mots, le langage.