Lecture de Candide

Vous n’avez jamais lu Candide ? Pire : vous n’avez lu aucun conte philosophique de Voltaire ? Soyons honnêtes, voire politiquement incorrects : si vous êtes en première et passez votre bac de français dans quelques semaines, cela peut se révéler gênant. Surtout pour un élève du lycée… de Ferney-Voltaire ?

En cette période d’ardentes révisions du bac (on peut rêver), vous avez plus urgent à faire que vous lancer dans cette lecture ? Nous le comprenons bien. Rassurez-vous : la mairie de Ferney semble avoir pensé à vous puisque voici l’information qui me parvient :

Dimanche 26 mai à 16h00, la Caisse nationale des Monuments historiques vous invite à une Lecture de Candide par Etienne Luneau, au Château de Voltaire  (Ferney Voltaire)

Après avoir sillonné la France et le monde avec le spectacle « Candide » de la Compagnie Grand théâtre, Etienne Luneau, chanteur, comédien lira des extraits choisis du célèbre conte philosophique.  Entre farce, sérieux, finesse et fantaisie, le voyage initiatique de Candide lu par Etienne Luneau sera l’occasion de (re)découvrir le texte de Voltaire. Le château du patriarche sera l’écrin de ce moment de lecture à la portée de tous.

Informations pratiques : Renseignements au 04 50 40 53 21.
Tarif : droit d’entrée du monument (5€50)
Château de Voltaire, Allée du château, 01210 Ferney-Voltaire Tél. 04 50 40 53 21

Recommandé pour : élèves de Seconde (français : les genres de l’argumentation au XVIIe et XVIIIe siècles) ; élèves de Première en approche du bac…

Des Romans d’Amour (à la Radio)

L'adaptation cinématographique d'Anna Karénine en 2012 avec Keira Knightley et Jude Law.

L’adaptation cinématographique d’Anna Karénine en 2012 avec Keira Knightley et Jude Law.

Cette semaine, la très bonne émission d’Adèle Van Reeth sur France Culture, Les Nouveaux chemins de la connaissance, analyse trois grands romans d’amour : Aurélien de Louis Aragon, Anna Karénine de Tolstoï et Belle du Seigneur d’Albert Cohen.

Si vous avez manqué les deux premiers, pas de panique, vous pouvez les réécouter ou les podcaster sur le site de l’émission.

Pour vous donner envie :

  • l’introduction de la thématique, lundi :

    Pourquoi les histoires d’amour sont-elles romanesques ? Et bien parce qu’elles finissent mal, en général, mais qu’entre le début et la fin, il y a l’histoire, les histoires,  dont les péripéties et retournements forment le romanesque par excellence– car si les histoires d’amour finissaient bien, la littérature ne s’y serait pas attardée au-delà d’un recueil de nouvelles – ou d’une collection de romans de gare.

    Demain, Michel Aucouturier nous fera voyager dans la Russie de Tolstoï aux côtés de Vronsky, Levine et Anna Karénine, mercredi, Carole Auroy assumera l’autodestruction de la passion amoureuse dans Belle du Seigneur et jeudi, et bien jeudi, l’amour cédera le pas à la religion, ou plutôt se sacrifiera sur l’autel des cérémonies religieuses du jeudi de l’Ascension.

    Aujourd’hui, qu’est-ce que l’amour, un idéal, un pis-aller, ou un but en soi,  ou comment l’on peut tomber amoureux lorsqu’on n’y croit pas, et d’une femme que l’on trouve franchement laide… Aujourd’hui, un prénom impérial, un roman du réel, Aurélien, de Louis Aragon.

  • une autre réflexion… et une mise en bouche pour le remarquable Belle du Seigneur :

Pourquoi l’amour est-il un sujet romanesque par excellence ?  Dans les Fragments d’un discours amoureux, Barthes propose cette réponse :

Si je suis amoureux, je peux rechercher lire, estimer tous ceux qui ont essayé d’éclairer l’être de l’amour ; mais en moi quelque chose d’intraitable finit toujours par dire : qu’est-il pour moi (ce moi n’étant pas ma personne, mais le type auquel me pousse une certaine force) ? En sorte que c’est précisément par la méconnaissance où je suis de ce qu’est l’amour que je vais à la forme la plus haute de l’analyse : la dramatisation.

Dramatiser, en faire un drame, s’imaginer sur une scène de théâtre où l’on en fait toujours trop : cette semaine les nouveaux chemins vous proposent de vous réconcilier avec ce goût du drame qui caractérise l’amour passionné en vous offrant trois romans d’amour : […], et aujourd’hui, aujourd’hui, le fardeau de la beauté et des dents parfaites, le dégoût des chats dans la gorge et des borborygmes, l’ether de la passion mécanique, le pays où l’amour donne envie de dévorer des sandwichs au jambon et où la lecture de Proust est un prétexte pour montrer ses jambes et Belle du seigneur, d’Albert Cohen.

Informations pratiques : Ecoutez l’émission sur Belle du Seigneur jeudi de 10 à 11 sur France Culture, ou plus vraisemblablement, écoutez en différé en ligne ou podcastez.

Recommandé pour : Les Premières (Français : Le personnage de roman du XVIIème à nos jours)… mais sérieusement, tout le monde ! Qui ne s’est pas interrogé sur l’amour ?

 

Traité sur la Tolérance

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C’est sans doute l’un des textes les plus célèbres de Voltaire. La plupart de nos élèves en ont vaguement entendu parler : « Ah oui, l’affaire Calas ! » Mais je gage que peu l’ont lu.

Le Théâtre du Châtelard en propose une belle occasion en l’adaptant au théâtre.

Le Traité n’est pas un texte de théâtre, mais il n’est pas dénué de théâtralité, car le combat de Voltaire contre l’intolérance et la bêtise est à la fois féroce et joyeux, multiple et varié, faisant alterner philosophie, fausses lettres satiriques, prière à Dieu…

explique le Châtelard.

Informations pratiques : Deux représentations le samedi 11 mai à 20h et le dimanche 12 mai à 17h. Et comme il s’agit de la présentation d’un travail de fin de stage (pour comédiens professionnels), les représentations sont gratuites ! Il serait dommage de s’en priver. En général, à ces occasions, les comédiens sont heureux de discuter avec des lycéens après le spectacles.

Recommandé pour : tous ! En Seconde, dans le cadre de « Genres et formes de l’argumentation : XVIIe et XVIIIe siècles » (programme de français), en Première pour « La question de l’homme » (programme de français), voire en Terminale pour la philosophie… et pour nous tous qui travaillons dans la ville de Voltaire !

Complément : Vous pouvez lire le Traité sur la Tolérance sur Wikisource.