Le Chevalier de la Barre

chevalierDu 6 au 8 février, à 20h30, Le Chevalier de la Barre de Jacques Gabriel, adapté et mis en scène par la Compagnie Issue de Secours, sera représenté à la Comédie de Ferney.

Le 1er juillet 1766 à Abbeville, un jeune homme est atrocement supplicié, puis décapité ; sur son corps, jeté aux flammes, est cloué un exemplaire du Dictionnaire philosophique. Son nom : François-Jean Lefebvre, chevalier de la Barre. Son crime ? Être le coupable tout désigné d’un hypothétique sacrilège commis contre une statue du Christ. Le jeune homme ne lisait-il pas des livres interdits ? N’oubliait-t-il pas de se découvrir au passage des processions religieuses ? N’avait-il pas tout fait pour agacer le lieutenant royal de police, son persécuteur ? Deux cent cinquante ans après Voltaire, la  compagnie Issue de secours  revient sur les enjeux de cette « malheureuse affaire » où prévalent calculs politiques, de castes et d’affects. Avec un sens aigu de la tension dramaturgique, la mise en scène  déjoue les pièges de la reconstitution poussiéreuse et redonne à voir et à entendre ce qui ne fut somme toute qu’une cruelle mascarade, incapable d’empêcher la Révolution en marche…

Informations pratiques : Spectacle tout public à partir de 14 ans – Durée : 1h30
Billets en vente à l’office de tourisme du Pays de Voltaire : 00 33 (0)4 50 28 09 16.
Réservations en ligne sur le site de la Compagnie Thalie.
Tarif : 15 €, abonnement : 12 €, réduit (-18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi, carte invalidité) : 7 €.

Recommandé pour : les Secondes (mouvement des Lumières), mais aussi exploitable dans le cadre des programmes d’Histoire ou de Philosophie, et plus largement pour tous ceux qui veulent réfléchir sur les rapports entre pouvoir, pensée et Eglise.

Voir un extrait vidéo.

A Nous De Voir : Festival Cinéma & Sciences

anousdevoir2013Du 21 novembre au 1er décembre 2013 aura lieu la 27ème édition du Festival « A nous de voir ».

Bémol : c’est dans la région lyonnaise, donc un peu loin pour nous. Mais le programme est comme toujours très riche, et pas exclusivement scientifique.

Petite sélection subjective :

Sciences :

  • The End of Time, de Peter Meitler, 22 novembre à 20h45
  • Le Mystère de la Matière Noire, 23 novembre à 20h30
  • Les Maths selon Poincaré, 27 novembre à 20h30
  • Le Big Bang, mes ancêtres et moi, 28 novembre à 20h30
  • Série de court-métrages scientifiques le samedi 30 novembre

Histoire et Géographie :

  • Le Thé ou l’électricité est l’histoire épique de l’arrivée de l’électricité dans un village isolé et enclavé au coeur du Haut Atlas marocain : soirée d’ouverture, 21 novembre à 20h30
  • Mémoire et archives : que peut le cinéma ? 22 novembre à 10h
  • Délivrer les récits, de l’Indochine à l’Algérie, samedi 23 novembre à 14h30
  • Tunisie, vers un nouveau printemps ? samedi 23 novembre à 20h45
  • De Hollywood à Nuremberg, dimanche 1er décembre à 11h
  • Chine, le nouvel empire, dimanche 1er décembre à 14h

Développement durable :

  • Les abeilles, piliers de la bio-diversité : dimanche 24 novembre à 17h
  • Welcome to Fukushima, 26 novembre à 20h30
  • Gaz de schiste ? vendredi 22 novembre à 20h
  • Le retour à la terre, samedi 30 novembre à 14h15

Arts :

Journée « De la lanterne magique au cinéma numérique », vendredi 22 novembre

Nuit de la science-fiction le 30 novembre au soir, dont le thème est comme chaque année passionnant :

Le cinéma est depuis son invention un médium pour rester en contact avec les morts parce qu’il immortalise ce qui a été. Comment les nouvelles technologies modifieront-elles nos rapports avec ceux qui ne sont plus ? Les jeux vidéo, les réseaux sociaux, la robotique ou le clonage sont autant de dispositifs réels ou fictionnels qui permettent aux morts de garder une certaine épaisseur dans le monde. Ils s’y redéployent alors à travers différents modes d’existences allant parfois jusqu’à revenir à la vie.

Vous pouvez bien sûr télécharger le programme complet.

Et/ou regarder le teaser du Festival sur YouTube.

Informations pratiques : 04 72 39 74 93, festival@anousdevoir.com
Billetterie 30 min avant la séance
Au Théâtre de la Renaissance 7 rue Orsel – 69600 OULLINS

Participation libre sur toutes les séances. (« Participer, c’est soutenir le festival mais c’est aussi se sentir concerné par un évènement citoyen. »)
Nuit de la Science-Fiction : 6 euros, petit déjeuner offert

Les Utopies à Plainpalais

Place de la cité végétale / © Luc Schuiten

Place de la cité végétale / © Luc Schuiten

Du 8 au 13 octobre 2013 à Genève, le festival littéraire la Fureur de lire explore l’utopie sous toutes ses facettes : du genre littéraire à l’architecture, en passant par l’histoire, l’art, la musique et les initiatives citoyennes. Organisée tous les deux ans par le Département de la culture et du sport de la Ville de Genève, la Fureur de lire revient dans le quartier de Plainpalais et sa Maison communale, lieu central de la manifestation.
De la soirée d’ouverture en compagnie du célèbre écrivain américain Russell Banks à celle de clôture du festival avec une lecture par Isabelle Huppert de textes de Sade, ce ne sont pas moins de 35 invité-e-s qui sont convié-e-s à cette Fureur utopique.

Il est très difficile de choisir dans un programme très riche que vous pouvez consulter sur le site officiel de la manifestation.

Pour tous :

  • De très alléchantes expositions, « Utopies d’hier et d’aujourd’hui : de Thomas More à Luc Schuiten », « Cités idéales, villes utopiques », « 999 au carré », « Bilal & Druillet »… de quoi aborder l’utopie par tous ses angles, littérature, philosophie, bande dessinée, géographie, architecture, mathématiques…
  • Abderrahmane Bekiekh, enseignant à Cinecursus, propose une analyse cinématographique du film Bienvenue à Gattaca. Cette analyse de l’image et du contenu a pour but de mettre en évidence la dimension dystopique, ou contre-utopique, du premier film d’Andrew Niccol. Vendredi 11 octobre à 12h30 à la Bibliothèque des Minoteries.

J’ai projeté Bienvenue à Gattaca à mes Premières S les deux dernières années, autant dire que je le recommande chaudement.

Pour les littéraires :

  • Nombreux événements autour de Russell Banks qui prononcera une conférence inaugurale le mardi 8 à 18h30.  « Frédéric Landenberg, comédien et réalisateur, propose ensuite (à 22h) en lecture Pourfendeur de nuages, son coup de coeur pour ce chef d’œuvre de la littérature américaine, sa «rencontre» littéraire avec cet auteur et son envie de les partager. »
  • Brunch musical et lecture de textes utopiques le dimanche 13 octobre (11-13h)
  • Conférence sur « Les voyages imaginaires dans la littérature » le mercredi 9 octobre à 12h30, Bibliothèque de la Cité.

Pour les historiens-géographes et BTS Tourisme :

  • Elisée Reclus, géographe devant le monde, les vendredi 11 et samedi 12 octobre à la Maison communale de Plainpalais :

    Dans sa volonté de comprendre le monde de façon renouvelée et de dessiner avec exactitude les contours d’une Terre commune à tous, le géographe et anarchiste Elisée Reclus (1830-1905) va imaginer
    un au-delà à la cartographie. C’est en sa compagnie que chacun-e pourra découvrir et expérimenter les coordonnées de cette utopie. Lecture mise en espace et en images par Jean-Louis Johannides de la Compagnie En déroute et Laurent Valdès, en collaboration avec des géographes de l’Université de Genève, Alexandre Gillet et Federico Ferretti.

  • Balade cyclolittéraire qui ambitionne de  tisser des liens entre utopie, littérature et la cité de Calvin ! De l’île Rousseau à l’immeuble Clarté de Le Corbusier en passant par le Grand-Théâtre, le quartier de Saint-Jean ou encore le Musée d’histoire des sciences, de multiples facettes de l’utopie seront contées, le dimanche 13 octobre de 11 à 13 heures

Pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux :

  • Intrigant :

Dans la cour de la Maison communale de Plainpalais, des affiches géantes et des lettres monumentales racontent des équipées sauvages − et néanmoins urbaines−, fruit de l’imagination d’une mystérieuse Société secrète d’Explorateurs municipaux. Autant d’aventures mises en texte par le collectif danois Parfyme et leurs amis (vous ?). Ces textes imposantvoisinent avec un labyrinthe fait de mobilier urbain, en constante évolution grâce au public (encore vous ?). Difficile de visualiser ce «work in progress» ? C’est normal. C’est une utopie. Participative, bien entendu !

  • Audacieux : Une lecture par Isabelle Huppert de textes de Sade choisis et mis en scène par Raphaël Enthoven ? Seulement à partir de la Terminale, je crains. Dimanche 13 octobre à la Maison communale de Plainpalais.
Enfin, pour ceux d’entre vous qui voudraient compléter leurs connaissances sur l’utopie et ne connaissent pas déjà cette ressource, je recommande la très complète exposition virtuelle de la BNF à ce sujet.

Nouveau site et programme au Châtelard

ledroitduseigneurLe théâtre du Châtelard (Ferney) se dote d’un nouveau site web et y détaille sa programmation de septembre 2013 à mars 2014.

Comme annoncé, ce début de saison est sous le signe de la Femme avec de nombreux spectacles susceptibles d’intéresser nos lycéens et leurs professeurs :

  • Madame de la Pommeraye et Mme de La Carlière de Diderot (nous rappelons qu’il s’agit de l’année Diderot) suivi du Droit du Seigneur de Voltaire du 24 septembre au 6 octobre. Parfait pour aborder l’argumentation à l’époque des Lumières (français de seconde), la place de la femme dans la société (histoire, éducation civique, français de première). Les places sont à 7 euros pour les élèves.

EDIT : Le Châtelard nous annonce que pour tous les autres spectacles de la saison la place sera à 5€ pour tous les jeunes scolarisés dans un établissement du Pays de Gex, au lieu du tarif réduit à 10€ appliqué jusqu’alors.

  • Prolongement le 29 septembre avec une séance de cinémaLes Dames du Bois de Boulogne de Robert Bresson. Film inspiré de l’histoire de Mme de la Pommeraye dans Jacques le fataliste et son maître de Denis Diderot. Dialogues de Jean Cocteau. Avec Maria Casarès et Paul Bernard.
  • Toujours sur la condition de la femme, une programmation des plus internationales : Elles épluchent le monde, une lecture publique de textes de femmes écrivains, poétesses, philosophes du XXe siècle (Anna Politkovskaïa, Taslima Nasreen, Charlotte Delbo, Anna Akhmatova, Christa Wolf, Maria Tsvetaïeva, Hélène Cixous, Simone Weil…) les 30 novembre et 1er décembre ; pour l’Italie Récits de femmes de Dario Fo, du 6 au 8 décembre, textes inspirés par la lutte des Italiennes pour le droit au divorce et la légalisation de l’avortement ; pour l’Afrique Trop de diables sous leurs jupes du 13 au 15 décembre (« Six femmes, dont l’âge s’échelonne entre la soixantaine et l’adolescence, six façons de concevoir l’amour et les relations avec les hommes, à la fin six destins »)
  • En 2014, le Châtelard accompagnera la commémoration de la Première Guerre Mondiale, à laquelle s’attachent aussi cette année nos collègues d’histoire-géographie dans un grand projet. Déjà annoncé : De nos enfants, mon frère, allons pleurer la cendre en février mars

Informations pratiques et réservations : 23/29 rue de Meyrin – 01210 Ferney-Voltaire ; Réservations par téléphone du lundi au vendredi de 9h30 à 18h au +33 (0) 450 28 26 40 ou par mail : contact@fortheatre.fr

Un Eté sur France Culture

Ne hurlez pas. Pas tout de suite. Vous êtes nombreux à nous demander avec sérieux ou gourmandise : Que lire pendant l’été ? Pour préparer notre entrée en Première, ou en Terminale, ou à l’université ?

La radio, et France Culture en particulier, est une alternative à laquelle vous ne pensez pas toujours. Sans compter que grâce aux smartphones, elle se transporte vraiment partout, en direct ou en différé (gloire soit rendue aux podcasts). Elle peut même accompagner les longs trajets en voiture, en train ou en avion qui sont aussi le lot de l’été (autre avantage des podcasts : aucun tunnel ne les interrompt).

Voici donc une petite sélection d’émissions de France Culture susceptibles d’intéresser nos collègues, nos élèves, et nos tout frais bacheliers :

Histoire

  • Sans doute mon émission favorite toutes catégories, Concordance des temps, par Jean-Noël Jeanneney, le samedi de 10h à 11h (ou à podcaster, bien sûr). Une heure de discussion à la fois érudite et très accessible (et souvent drôle) sur un sujet historique qui peut être reculé mais a toujours un lien avec l’actualité. C’est le principe de l’émission : mieux comprendre un élément de notre époque, de notre culture, en le mettant en regard avec un élément historique. Les sujets abordés sont variés et passionnants : récemment Marseille, la Turquie, les tapisseries de La Dame à la Licorne… Je l’ai classée en Histoire mais des sujets littéraires y sont aussi abordés. Récemment le grand écrivain autrichien Stefan Zweig, et samedi dernier 13 juillet, une émission sur le plagiat, parfaite pour les futurs Premières L dans la perspective de l’étude des réécritures.
  • Très intéressant aussi, La Fabrique de l’Histoire, par Emmanuel Laurentin, du lundi au vendredi de 9h06 à 10h.
    A noter :

    Vers la fin de la saison, à la période des examens et des concours, La Fabrique de l’Histoire traite cette année, non seulement des sujets d’histoire à l’agrégation comme elle l’a fait les années précédentes, mais abordera aussi les programmes dédiés à la discipline à l’Ecole normale supérieure, et ceux du Baccalauréat !

Géographie, géopolitique, géosciences

Planète Terre, par Sylvain Kahn, le mercredi de 14h à 14h30.

une invitation à comprendre notre environnement proche et lointain. Du trafic mondial des conteneurs aux catastrophes locales, des routes migratoires aux cartes du changement climatique, des rizières aux mangroves, des ressources océaniques à la tectonique des plaques, Planète Terre propose, avec ses invités, chercheurs de terrain et praticiens, des voies et des repères pour arpenter nos territoires et le monde qui nous entoure.

Vous pouvez aussi consulter Globe, le blog de Planète Terre.

Sciences

  • J’aime beaucoup Continent sciences, chaque lundi, de 14h à 15h, « pour comprendre les sciences à travers les femmes et les hommes qui les font. » Les sujets abordés sont variés, de l’insecte à la naissance de l’univers, de la « particule manquante » à l’ADN en passant par la question du Temps.
  • Vous pouvez aussi vous intéresser à La Marche des sciences, par Aurélie Luneau, tous les jeudis, de 14h à 15h.

L’Histoire des sciences à la portée de tous, avec un débat, émaillé de documents d’archives et de reportages, en compagnie de deux invités (chercheurs, historiens des sciences, savants) passionnés par la transmission de ces savoirs. Puis, dans les dix dernières minutes de l’émission, un autre invité ou chroniqueur viendra rendre compte d’une actualité du moment (colloque, films au cinéma, DVD, expositions, livres jeunesse, festivals, découvertes…).

Littérature & philosophie

  • Pour les futurs Terminales (en particulier L), ou les futurs étudiants en lettres ou philosophie, je recommande Les Nouveaux chemins de la connaissance, par Adèle Van Reeth et Philippe Petit.

Pour leur sixième année consécutive, les Nouveaux chemins de la connaissance continuent à faire jouer ensemble philosophie, musique et littérature. Le but : s’adresser aux curieux sans ennuyer les experts, satisfaire les plus exigeants sans exclure les distraits. C’est en créant des rencontres entre les textes classiques et la vie quotidienne, le savoir précis et l’intuition diffuse, la discipline et l’improvisation, que, tous les jours, nous tentons d’aborder des sujets aussi divers que Dostoïevski, la caresse, Maurice Merleau-Ponty, la corrida, la vérité, le cinéma…  A la fois érudites, stimulantes et ludiques, ces promenades quotidiennes réconcilient le savoir avec le plaisir et la connaissance avec la vie.

Cette semaine par exemple : une série d’émissions sur Jean-Paul Sartre.

Ici, de l’internet à La Pléiade et du papier bible aux tirages limités, tous poètes à la même tablée ! Poésie numérique, revues, récitals, recueils, CD, DVD ou spectacles, tous à la même enseigne !

  • Et, vraiment accessible, varié et intéressant, La Grande Table, par Caroline Broué, du lundi au vendredi entre midi et deux.

La Grande Table, c’est le magazine des idées et de la culture sous toutes ses formes, tous les jours de 12h à 13h30. A l’heure du déjeuner, les convives – artistes, personnalités du monde de la culture et des idées – prennent place à table. Au menu : art, littérature, spectacle, BD, musique, mais aussi sciences humaines, sciences sociales et sciences dures… sans oublier quelques questionnements sur le rapport entre l’art, la culture, et le monde ou la société.
A midi, premier service, avec la « Conversation ». Trois compères choisis dans la petite bande de La Grande Table viennent discuter et débattre autour d’un sujet à la frontière entre culture et  idées.
A 12h55, place au deuxième service. C’est l’actualité culturelle qui est à l’honneur, autour d’un, deux ou trois invités. Au cours de grands entretiens ou de rencontres inattendues, ils échangent  autour d’une œuvre, d’un créateur, ou d’un art.

Par exemple la semaine dernière, un entretien avec la grande spécialiste de l’Antiquité Florence Dupont, à conseiller à tous nos latinistes, hellénistes, et humanistes en général !

Vous pouvez aussi suivre La Grande Table sur Facebook et sur Twitter.

Identité : Israélo-Palestinien

aporteeNous rappelons que les 15 et 16 mars sera représentée à la Comédie de Ferney la remarquable pièce A portée de crachats de Taher Najib, mise en scène par Laurent Fréchuret et interprétée par Mounir Margoum.

De Ramallah à Tel-Aviv en passant par Paris, Taher Najib raconte sur le ton de l’ironie douce-amère les tribulations d’un acteur palestinien sans cesse confronté à des images de lui-même qu’il récuse : celle du guerrier arabe avide de vengeance qu’il incarne sur scène, celle du djihadiste en puissance dans les aéroports internationaux, celle du terroriste potentiel dans son propre pays, Israël, ouù il n’est jamais perçu ni traité comme un citoyen de plein droit.

Ce témoignage drôle et poignant sur les paradoxes de l’identité israélo-palestinienne ouvre une réflexion sur l’existence elle-même. A portée de crachat, à portée de tir, à un jet de pierre, à deux pas d’ici, deux peuples vivent sur un territoire divisé.

Acteur et auteur palestinien de nationalité israélienne, Taher Najib a d’abord écrit cette pièce en hébreu, la langue de l’autre, qu’il adresse aux Israéliens, en signe de main tendue. A travers des scènes du quotidien, A portée de crachat révèle un personnage attachant et complexe, ballotté entre la grande histoire et son métier de comédien qui l’amène à traverser les frontières, à vivre d’un côté et de l’autre, sans être vraiment nulle part chez lui. Usant du détour par le rire, cette pièce en forme de monologue-récit interroge l’identité, sans dogmatisme.

Annick Gambotti nous dit combien elle aime cette pièce :

C’est excellent, actuel, joué par un grand comédien et remarquablement mis en scène.
Ce spectacle, pour moi coup de coeur d’Avignon est repris bientôt, entre autres lieux, au théâtre du Rond Point à Paris.
Ce texte touchant un sujet sensible est magnifique. Il est tellement bien joué et mis en scène ( je me répète !) et on rit beaucoup !

Alors, même si ces dates clôturent une semaine éprouvante de bac blanc pour une bonne partie de nos élèves… allez-y.

Informations pratiques : Comédie de Ferney, les 15 et 16 mars à 20h30. Durée 1h15. Places à 15 € (tarif réduit de 10 €, valable bien sûr pour les lycéens).

Recommandé pour : tous ! En particulier tous ceux, nombreux, qui s’intéressent d’une façon ou d’une autre au conflit israélo-palestinien.

1984 : une dystopie toujours d’actualité

affiche1984finaleGeorge Orwell imaginait en 1948 ce que serait 1984… Pessimiste ? Sans doute. Mais les inquiétudes qu’ils formulent (vidéo-surveillance permanente, Police de la Pensée, propagande véhiculée par un nouveau langage appauvri de tous les mots de liberté et de création…) restent d’actualité.

Ce roman, adapté pour le théâtre, sera à l’affiche du Théâtre du Loup du 15 au 27 mars 2013.

Prophétique et terrifiant, le roman de George Orwell décrit un monde totalitaire qui offre de troublantes similitudes avec notre réalité : surveillance, paranoïa, pensée unique, censure des médias, délire sécuritaire, solitude … Au Ministère du Langage une monstrueuse langue de bois est conceptualisée. On codifie, on épure, on censure, on supprime des mots par milliers. On assiste à l’extermination en bonne et due forme des nuances, des termes nuisibles, des évocations douteuses et des sous-entendus de toute nature. La conclusion d’Orwell est sans appel : celui qui contrôle les mots peut modifier la pensée. Paradoxalement, dans le monde orwellien, il faut déployer tout le talent et l’intuition de poètes authentiques pour dépister et annihiler les plus fines potentialités de la langue. La création de la Compagnie Générale de Théâtre explore ce massacre jusqu’au-boutiste du langage et propose une mise en perspective tout en finesse de cet aspect moins caricatural qu’il n’y paraît du roman d’Orwell.

Infos pratiques :

Réservations : tél. +41 22 301 31 00

Théâtre du Loup – 10, chemin de la Gravière – 1227 Les Acacias, Genève, Suisse / info@theatreduloup.ch