Programmes 2013-2014 : la Comédie de Genève

Cette année, nous avons vu Les Mains sales de Sartre à la Comédie de Genève.

Le programme de la prochaine saison est terriblement alléchant, et donnerait matière à toutes sortes de projets et de sorties.

  • Un projet autour de la musique avec les trois premiers spectacles de leur saison, Fase – Four Movements to the Music of Steve Reich, chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker (celui-ci sans les élèves, je crains, puisqu’il ne sera représenté que le premier septembre), Danses nocturnes (Charlotte Rampling lit Sylvia Plath. Sonia Wieder-Atherton joue Benjamin Britten. Croisement poétique et musical.) et Tragedy of a Friendship (Dans un spectacle alliant musique, théâtre et danse, Jan Fabre explore la relation houleuse entre Wagner et Nietzsche.), le tout en septembre. Ce dernier spectacle, ainsi que Siegfried, nocturne d’Olivier Py, musique Michael Jarrell et mise en scène Hervé Loichemol (en octobre), permettrait un ambitieux projet autour de Wagner avec la programmation du Grand Théâtre.
  • De quoi combler nos latinistes et hellénistes, ainsi que leurs professeurs, avec Pompée et Sophonisbe de Corneille, mise en scène Brigitte Jaques-Wajeman (fin octobre-début novembre) et surtout Des Héros : Ajax et Œdipe Roi, de Sophocle, deuxième volet des mises en scène de Wajdi Mouawad (en janvier). Nous avions eu la chance d’assister il y a deux ans à son Antigone (cycle Des Femmes) et je recommande chaudement ces représentations.
  • Et bien sûr amplement matière à accompagner les programmes de français de lycée, avec outre Corneille et Sophocle, Amphytrion de Molière en décembre, mise en scène Nalini Menamkat (plutôt pour les secondes, mais envisageable aussi pour l’étude des réécritures en premières L), Oh les beaux jours de Beckett en janvier (plutôt pour les premières, et à condition d’apprécier les mises en scènes d’Anne Bisang), et deux grandes pièces de la littérature étrangère : Yvonne, princesse de Bourgogne de Witold Gombrowicz, mise en scène Geneviève Guhl (en avril) et Désir sous les ormes, de Eugene O’Neill, mise en scène Guy Pierre Couleau (fin avril-début mai).
  • Last but not least, pour rassembler théâtre et poésie, en novembre, Artaud-Barrault, conception et mise en scène Denis Guénoun (Stanislas Roquette incarne Jean-Louis Barrault, et à travers lui Antonin Artaud, poète incandescent, «royalement beau».)

Pour les scolaires, les réservations peuvent se faire dès le lundi 26 août 2013 directement à la billetterie. N’hésitez pas à me contacter, chers collègues, pour que nous centralisions les réservations (si nous commencions par 60 places pour l’Œdipe Roi de Sophocle/Mouawad, qu’en dites-vous ?)

Beckett, Genet et Tahar Ben Jelloun

Quelle affiche !

Deux grands dramaturges francophones du XXème siècle, Samuel Beckett et Jean Genet, souvent méconnus des élèves (c’est sans doute notre faute !), mais dont la force et la modernité les frapperaient sûrement. Et un grand auteur, bien vivant, prix Goncourt, le franco-arabe et grand pédagogue Tahar Ben Jelloun.

Cela donne Beckett et Genet, un thé à Tanger, au théâtre Le Crève-Cœur à Genève jusqu’au 24 février.

Tahar Ben Jelloun explique ainsi la création de la pièce :

Cette pièce a été une « commande » du metteur en scène Pierre Chabert et de Barbara Hute. Nous avons travaillé ensemble au fur et à mesure que je l’écrivais. Je leur dois beaucoup surtout en ce qui concerne l’univers de Beckett qu’ils connaissent bien. La pièce allait être montée, malheureusement Pierre Chabert est décédé brusquement en janvier 2010.
L’idée de cette pièce : réunir dans un café à Tanger Beckett et Genet, qui ne s’étaient jamais rencontrés de leur vivant ; ils attendent la visite de leur ami commun Giacometti ; les trois personnages se connaissaient mais ne s’étaient jamais retrouvés réunis. Par la magie de la fiction, ils pensent que ce sera possible, mais Giacometti ne viendra pas, un peu comme Godot.
C’est une comédie ; tous les dialogues sont puisés dans leur vie, leur œuvre.

Et le théâtre présente ainsi le spectacle :

Avec son écriture dense, énigmatique, sensorielle, vertigineuse aussi, Tahar Ben Jelloun met en scène ces deux auteurs insondables et magnifiques, qui ne se sont jamais rencontrés et auraient eu tant à partager. Beckett et Genet, une rencontre entre deux monstres de la littérature.

Dans cette pièce récente, Beckett se montre volubile sous la plume de Tahar Ben Jelloun, et Genet réaffirme sa différence. Leur affrontement amical pétille de réciproque admiration ; habilement l’auteur place dans les dialogues les éléments historiques qui nous font plonger dans la biographie de chacun sans avoir l’air d’y toucher. En faisant revivre les fantômes de ces deux extraordinaires personnalités, Tahar Ben Jelloun nous fait accepter que nous sommes dans une évocation, un rêve impossible. Une rencontre dans un certain paradis, incarné par un Tanger idéalisé. Il re-convoque le mystérieux G et le concrétise en la personne de Giacometti. Pendant toute la pièce, Beckett et Genet l’évoquent et l’attendent… tel Godot qui ne viendra pas. Et Genet d’ajouter « Ah Giacometti est mort, je sais, c’est une illusion ».

Notez, quelle occasion !, que :
Le Crève-Cœur aura le plaisir d’accueillir l’auteur le vendredi 14 février pour un dialogue avec le public après la représentation. Réservez vite au + 41 (0) 22.786.86.00

Informations pratiques :

Théâtre Le Crève-Cœur
16 chemin de Ruth
1223 Cologny

S’y rendre en transport en commun : bus A (arrêt Cologny-Mairie)

Tarif(s) : de 10 à 30.-

Recommandé pour : tous ! En particulier les Premières (Le théâtre et sa représentation).