Saison 2015-2016 : les théâtres du Pays de Gex

Cette année, nous avons eu la chance de recevoir au lycée les représentants des théâtres du Pays de Gex pour qu’ils viennent annoncer leurs programmes 2015-2016.

Je profite de cet article pour les remercier à nouveau : nous savons à quel point il est difficile pour eux de prévoir leur programmation pour toute l’année scolaire.

La saison du Châtelard est en ligne. Elle nous permettra bien sûr d’évoquer les Lumières, au programme de seconde, mais aussi la question de l’homme en Première et une réflexion sur le théâtre et sa représentation (aussi en première). Nous pourrons y voir de nombreuses adaptations : celle d’Eldorado de Laurent Gaudé (auteur contemporain dont un texte était cette année proposé au bac de français, séries ES/S), celle du Cahier d’un retour au pays natal de Césaire, celle (gratuite, par des comédiens en fin de stage) du Supplément au voyage de Bougainville de Diderot, celle du Voyage au bout de la nuit de Céline, déjà proposée à la saison précédente,  celle du Paradoxe sur le comédien de Diderot…

Le programme de la Comédie de Ferney n’est pas encore en ligne, mais nous savons qu’il y aura de grands auteurs : Harold Pinter, Georges Pérec, Patrice Chéreau, d’autres adaptations littéraires: celles du Horla de Maupassant, du Dernier jour d’un condamné de Hugo, de Bourlinguer de Cendrars (avec le grand Jean-Quentin Châtelain), et la reprise très attendue de La Raison par Alphabet, l’incroyable transposition théâtrale du Dictionnaire philosophique de Voltaire.

Le théâtre Les 50 (Saint-Jean de Gonville) proposera en mars 2016 une création des Bonnes de Jean Genet, que nous nous réjouissons de voir, d’autant que des représentations scolaires nous seront proposées à Micromégas (Ferney).

A L’Esplanade du Lac (Divonne), on pourra voir par exemple l’adaptation du Dernier des hommes de Murnau par les merveilleux Cartoun Sardines, le Macbett de Ionesco par le Théâtre Fox Compagnie, Prosper et George (aka Mérimée et Sand) dans le cadre des Journées du romantisme, et l’immense succès qu’a été Hôtel Paradiso de Familie Flöz.

A suivre avec les autres théâtres de la région genevoise…

C’est la rentrée…

… et j’en profite pour rappeler que je cherche des rédacteurs (collègues ou élèves, voire parents) pour m’aider à alimenter ce blog. Contactez-moi si vous êtes intéressés.

Nous nous réjouissons d’entamer une nouvelle année scolaire pleine d’actions culturelles.

Au programme :

– plus de partenariats avec les acteurs culturels du Pays de Gex et de Ferney en particulier, qui se sont présentés lors de notre réunion de pré-rentrée. Une très belle initiative à renouveler chaque année !

– des sorties théâtrales avec les élèves. D’ores et déjà prévues : Faust à la Comédie de Genève pour la Section Allemande (l’oeuvre de Goethe est à leur programme cette année) ; Le Trip Rousseau et Tartuffe à L’Esplanade du Lac de Divonne ; Mangez-le si vous voulez à la Comédie de Ferney ; La Putain Respectueuse de Sartre au théâtre des 50 (délocalisé au Micromégas de Ferney) ; Pantagruel au Forum Meyrin ; Des Murs et des fenêtres au Châtelard de Ferney… et sûrement beaucoup d’autres choses.

– un projet de soirées cinéma au lycée, avec Cultures & Cinémas comme partenaire : je vous en dirai plus très bientôt si le projet se concrétise

– et bien d’autres événements prévus, le Concours d’Eloquence, comme chaque année la célébration du Printemps des Poètes, et celle du Tolkien Reading Day le 25 mars.

N’hésitez pas à me proposer vos idées d’actions culturelles.

Sortez. Créez. Bâtissez. Rêvez. Belle année à tous.

Les programmes 2014-2015 (I. Pays de Gex)

Le Trip Rousseau à l'Esplanade du Lac

Le Trip Rousseau à l’Esplanade du Lac

Ils sont là, ils sont plus alléchants que jamais, ils nous donnent mille idées de sorties avec les élèves (ou sans) (ou sans les profs, entre élèves).

Allez les voir.

A la Comédie de Ferney (compagnie Thalie), il n’est pas encore en ligne, je vous l’annonce donc en exclusivité.
Vous pourrez y voir en septembre Energia, spectacle multimédia d’une ancienne élève de Ferney, Natalia Stepanova, qui mêle dessin,vidéo, danse, steampunk, ethno futurisme, cybergoth… (moi, dès qu’on me dit steampunk, je suis intéressée…)
Y écouter, toujours en septembre, l’extraordinaire Trio Pradal. C’est du flamenco, des textes de poètes de langue espagnole, et une représentation aura lieu le vendredi 26 septembre au lycée qui sera proposée aux élèves d’Espagnol (national ou LV étrangère).

En octobre, Chants d’exil, des textes de Brecht ainsi qu’un spectacle de la Saison Voltaire sur le Dictionnaire philosophique de Voltaire mis en scène par Thomas Freitag, délire et fantaisie garantis, donc.

En novembre, François le jongleur de Dario Fo, un monologue sur François d’Assise révolutionnaire et joyeux, par un comédien jouant une quinzaine de personnages

En janvier, L’apprentie sage femme, un conte initiatique interprété par une comédienne virtuose (de la Comédie Française) qui incarne une vingtaine de personnages.
Et aussi Sacco et Vanzetti, avec Dau et Catella, une pièce engagée qui reprend la célèbre affaire des anarchistes exécutés dans les années 1920.

En février, Le repas des fauves, une pièce terrible et drôle.

Nous sommes en 1942. Sept amis célèbrent l’anniversaire de leur hôtesse quand un officier SS frappe à la porte. Suite à un attentat, en guise de représailles, il exige deux otages. Aux convives de choisir lesquels d’entre eux seront condamnés…

Le 2 avril, Mangez le si vous voulez, d’après une nouvelle de Jean Teulé, Molière 2014, qui reprend l’histoire d’un fait divers de cannibalisme.
Une séance scolaire l’après-midi (moi, j’irai. :))

Et plus encore !

Au Châtelard (Ferney – compagnie FOR)
Là encore, le programme n’est pas encore en ligne mais nous pouvons d’ores et déjà annoncer
En septembre, autour de la Guerre 14-18, une adaptation des premiers chapitres du Voyage au bout de la nuit de Céline.
En octobre, Longtemps je me suis couché de bonne heure, une adaptation du premier chapitre de la Recherche de Proust, « Combray », pour entrer tout naturellement dans cette oeuvre souvent intimidante.
En février-mars, Simone Audemars met en scène Le Laboureur de Bohême, Dialogue avec la Mort, de Johannes von Tepl. Ce spectacle sera présenté en suisse romande en février et tout le mois de mars à La Comédie de Genève.

A l’Esplanade du Lac (Divonne) le programme complet est en ligne ici.
de nombreux spectacles peuvent intéresser nos élèves (ou nous…) tels que Le Trip Rousseau en novembre (j’irai, je vous le dis…) ou Tartuffe en mars.

A suivre avec les programmes du reste de la région (Genève et Annemasse)…

Le Chevalier de la Barre

chevalierDu 6 au 8 février, à 20h30, Le Chevalier de la Barre de Jacques Gabriel, adapté et mis en scène par la Compagnie Issue de Secours, sera représenté à la Comédie de Ferney.

Le 1er juillet 1766 à Abbeville, un jeune homme est atrocement supplicié, puis décapité ; sur son corps, jeté aux flammes, est cloué un exemplaire du Dictionnaire philosophique. Son nom : François-Jean Lefebvre, chevalier de la Barre. Son crime ? Être le coupable tout désigné d’un hypothétique sacrilège commis contre une statue du Christ. Le jeune homme ne lisait-il pas des livres interdits ? N’oubliait-t-il pas de se découvrir au passage des processions religieuses ? N’avait-il pas tout fait pour agacer le lieutenant royal de police, son persécuteur ? Deux cent cinquante ans après Voltaire, la  compagnie Issue de secours  revient sur les enjeux de cette « malheureuse affaire » où prévalent calculs politiques, de castes et d’affects. Avec un sens aigu de la tension dramaturgique, la mise en scène  déjoue les pièges de la reconstitution poussiéreuse et redonne à voir et à entendre ce qui ne fut somme toute qu’une cruelle mascarade, incapable d’empêcher la Révolution en marche…

Informations pratiques : Spectacle tout public à partir de 14 ans – Durée : 1h30
Billets en vente à l’office de tourisme du Pays de Voltaire : 00 33 (0)4 50 28 09 16.
Réservations en ligne sur le site de la Compagnie Thalie.
Tarif : 15 €, abonnement : 12 €, réduit (-18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi, carte invalidité) : 7 €.

Recommandé pour : les Secondes (mouvement des Lumières), mais aussi exploitable dans le cadre des programmes d’Histoire ou de Philosophie, et plus largement pour tous ceux qui veulent réfléchir sur les rapports entre pouvoir, pensée et Eglise.

Voir un extrait vidéo.

Des Spectacles Avant Noël

Pour vous faciliter la tâche, je continue mes piqûres de rappel sur les programmes des théâtres voisins.

Puisque la rentrée approche, voici quelques spectacles intéressants entre les vacances de Toussaint et celles de Noël.

En novembre

  • Dès la rentrée, à Meyrin, L’Art et la Révolte, d’Abd Al Malik, « librement inspiré d’Albert Camus ». A recommander pour la question de l’homme (français première), à recommander tout court, de toute façon. Une seule représentation le 6 novembre.
  • Très très recommandé, La Religieuse de Diderot, les 22-23 novembre à la Comédie de Ferney. Idéal pour Secondes (XVIIIe) et Premières (question de l’homme et de la femme).
  • A la Comédie de Genève, Artaud-Barrault, conception et mise en scène Denis Guénoun (Stanislas Roquette incarne Jean-Louis Barrault, et à travers lui Antonin Artaud, poète incandescent, «royalement beau».)
  • A l’Esplanade du Lac de Divonne, une comédie classique (programme de Seconde) : Le Misanthrope de Molière, mis en scène par mes inventifs compatriotes du Cartoun Sardines, le 22 novembre
  • A Carouge, La Double Mort de l’horloger, une pièce de Ödön von Horváth que je ne connais pas (deux pièces en fait : Meurtre dans la rue des Maures et L’Inconnue de la Seine qui « ont un point commun: l’assassinat d’un horloger » et qui sont inédites en français) mais qui peuvent être intéressantes, par exemple dans le cadre d’un projet en allemand (national ou non), puisqu’il s’agirait d’œuvres qui « mêle[nt] culture populaire et histoire politique de l’Allemagne du début du XXe siècle. » Mise en scène d’André Engel, représentations en novembre-décembre.

En décembre

  • Au Châtelard (Ferney), une série de spectacles sur la condition de la femme : Elles épluchent le monde, une lecture publique de textes de femmes écrivains, poétesses, philosophes du XXe siècle (Anna Politkovskaïa, Taslima Nasreen, Charlotte Delbo, Anna Akhmatova, Christa Wolf, Maria Tsvetaïeva, Hélène Cixous, Simone Weil…) les 30 novembre et 1er décembre ; pour l’Italie Récits de femmes de Dario Fo, du 6 au 8 décembre, textes inspirés par la lutte des Italiennes pour le droit au divorce et la légalisation de l’avortement ; pour l’Afrique Trop de diables sous leurs jupes du 13 au 15 décembre (« Six femmes, dont l’âge s’échelonne entre la soixantaine et l’adolescence, six façons de concevoir l’amour et les relations avec les hommes, à la fin six destins »)
  • A la Comédie de Genève, Amphytrion de Molière en décembre, mise en scène Nalini Menamkat (plutôt pour les secondes, mais envisageable aussi pour l’étude des réécritures en premières L),

Vous me raconterez, car ce ne sont pas des dates où je vais être très disponible… 🙂

Cinq Spectacles à Voir Pendant les Vacances de Toussaint

Pour tous ceux qui restent dans la région pendant ces vacances, voici cinq pièces que nous avons recommandées à la lecture des programmes et vous invitons à aller voir :

  • La Dame de la Mer (Henrik Ibsen/Omar Porras), au Théâtre de Carouge, du vendredi 18 octobre au jeudi 7 novembre 2013
  • Pompée et Sophonisbe (Corneille/Brigitte Jaques-Wajeman) Comédie de Genève, du 29 octobre au 2 novembre 
  • Une Saison au Congo (Aimé Césaire/Christian Schiaretti), TNP de Villeurbanne, du mercredi 16 au vendredi 25 octobre 2013

Identité : Israélo-Palestinien

aporteeNous rappelons que les 15 et 16 mars sera représentée à la Comédie de Ferney la remarquable pièce A portée de crachats de Taher Najib, mise en scène par Laurent Fréchuret et interprétée par Mounir Margoum.

De Ramallah à Tel-Aviv en passant par Paris, Taher Najib raconte sur le ton de l’ironie douce-amère les tribulations d’un acteur palestinien sans cesse confronté à des images de lui-même qu’il récuse : celle du guerrier arabe avide de vengeance qu’il incarne sur scène, celle du djihadiste en puissance dans les aéroports internationaux, celle du terroriste potentiel dans son propre pays, Israël, ouù il n’est jamais perçu ni traité comme un citoyen de plein droit.

Ce témoignage drôle et poignant sur les paradoxes de l’identité israélo-palestinienne ouvre une réflexion sur l’existence elle-même. A portée de crachat, à portée de tir, à un jet de pierre, à deux pas d’ici, deux peuples vivent sur un territoire divisé.

Acteur et auteur palestinien de nationalité israélienne, Taher Najib a d’abord écrit cette pièce en hébreu, la langue de l’autre, qu’il adresse aux Israéliens, en signe de main tendue. A travers des scènes du quotidien, A portée de crachat révèle un personnage attachant et complexe, ballotté entre la grande histoire et son métier de comédien qui l’amène à traverser les frontières, à vivre d’un côté et de l’autre, sans être vraiment nulle part chez lui. Usant du détour par le rire, cette pièce en forme de monologue-récit interroge l’identité, sans dogmatisme.

Annick Gambotti nous dit combien elle aime cette pièce :

C’est excellent, actuel, joué par un grand comédien et remarquablement mis en scène.
Ce spectacle, pour moi coup de coeur d’Avignon est repris bientôt, entre autres lieux, au théâtre du Rond Point à Paris.
Ce texte touchant un sujet sensible est magnifique. Il est tellement bien joué et mis en scène ( je me répète !) et on rit beaucoup !

Alors, même si ces dates clôturent une semaine éprouvante de bac blanc pour une bonne partie de nos élèves… allez-y.

Informations pratiques : Comédie de Ferney, les 15 et 16 mars à 20h30. Durée 1h15. Places à 15 € (tarif réduit de 10 €, valable bien sûr pour les lycéens).

Recommandé pour : tous ! En particulier tous ceux, nombreux, qui s’intéressent d’une façon ou d’une autre au conflit israélo-palestinien.

Noces à la Comédie de Ferney

Le premier post d’élève !

Vendredi 22 février (le soir des vacances) nous sommes allés voir avec quelques élèves Noces, d’après Albert Camus, à la Comédie de Ferney. Voici ce qu’en a pensé Thea Beronja, élève de Terminale Littéraire.

Etrange titre qui caractérise l’essai autobiographique, d’Albert Camus. Un mot qui au premier sens trompe le lecteur. L’auteur y raconte ses souvenirs et y dévoile ses sentiments, il y « célèbre les noces de l’homme avec le monde ». Il se pose plusieurs questions qui reviennent sans cesse, chacune caractérisées par un lieu, un souvenir. Une en particulier marque la nouvelle Noces à Tipasa. Le bonheur, ressenti par la joie et l’exaltation dans la promenade à Tipasa, et défini par cette question : « Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? » Mais Camus peint aussi le portrait de la souffrance avec les ruines qui recouvrent sa ville, son pays.

L’usage des mots pour raconter ce que l’on a vécu, ce que l’on ressent, est ici presque naturel. L’impression se crée comme si le texte s’écrivait au fur et à mesure que nos yeux avançaient au fil des pages. Nous avons abordé cette année en philosophie le problème du langage. Si la parole est un outil pour s’exprimer, elle n’aurait été conçue que pour faciliter la communication. Or dans l’essai autobiographique Noces il ne s’agit pas directement de communication. C’est avant tout une recherche pour exprimer le ressenti des expériences auxquelles Camus a été confronté. Le dialogue avec le lecteur ne se fera que plus tard lors de sa publication.

Le choix de le représenter au théâtre par une comédienne (Annick Gambotti), nous montre que quelque part, elle n’est que le « moyen » utilisé pour dire le texte. Son jeu dans la simplicité, permet justement de saisir le sens du texte sans être dérangé par autre chose. Je pense aussi que le comédien, est une personne qui arrive à prendre du recul sur sa personnalité pour entrer dans une autre ou plutôt pour permettre à quelque chose d’extérieur d’y entrer. Ainsi le texte prend possession du comédien et non l’inverse.

Un dernier point concernant le mélange entre musique et texte. J’ai trouvé que les deux se mariaient vraiment bien. La musique vient ici compléter le récit par ces mélodies qui le suivent à la perfection. À aucun moment je n’ai été troublée par le piano de Jean-Louis Deconfin, qui marquait les pauses et le passage à une autre partie de l’essai. Le bruitage du vent fait par la trompette illustrait le récit et nous amenait dans une autre dimension. Par moment, lors du « brouillard » percé par un mélange de parole et de sons, on avait vraiment l’impression d’y être. D’être avec la comédienne, et transporté par les pensées de Camus. La structure parallèle de la musique permettait de suivre le texte s’il arrivait qu’on en décroche. L’ouverture par « le vent », son perpétuel qui rythmait toute la représentation, puis d’un air à la trompette, suivi de cette mélodie au piano qui revenait chaque fois que Camus se souvenait d’autres choses, pour terminer à nouveau sur la trompette, dessinait un chemin à suivre, peut-être le chemin qu’Albert Camus a tenté de créer. Par ailleurs, cette musique improvisée était comme un tailleur fait sur mesure. En effet l’improvisation composée de ces quelques notes contribuait à porter le texte du bout des doigts pour permettre aux spectateurs de le saisir.

La toute fin, lorsque les deux voix, humaines cette fois, ont prononcé les dernières phrases à l’unisson, cela a pu nous montrer que l’instrument de musique permet d’illustrer et d’inventer une atmosphère particulière, mais que le meilleur, l’indétrônable instrument, et moyen par lequel un humain s’exprime : la voix et donc les mots, le langage.

Le printemps à la Comédie de Ferney

Plusieurs spectacles attirent notre attention ce printemps à la Comédie de Ferney

  278 On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve
Le 15 février à 20h30
Compagnie Tenseï
Prix des places: plein 12 €, membres 10 €, réduit 8 €
Interprétation: Rafael Samdja, Daz-Ini, Margaux Tatzberg, Kevin Bonvi, Bruno Dias
Chorégraphie: Rafael Smadja
Mise en scène: Imad Nefti
Musiciens live: Bruno Dias (guitare) Margaux Tatzberg (violon), Kevin Bonvin (basse)« On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » est la rencontre de l’Homme et du Temps.
Une rencontre bouleversante, une joie incomparable, un ennui (presque) mortel, une douleur démesurée… Voici ce à quoi l’Homme devra faire face. Assumer sa place dans un monde où le Temps devient le dictateur de nos actes et pensées.
Faut-il accepter ou refuser ce moule émotionnel ? […]
L’essentiel se trouve donc dans notre manière de l’appréhender, de l’apprivoiser, de le vivre, de composer avec lui, sans en être esclave. Notre rapport avec ce dernier est intime et pourtant universel. Notre époque nous force à constater que l’émotion, le sentiment et le ressenti ne sont plus une priorité pour l’Homme.
Cette création vient bouleverser les mœurs en mettant l’Être Humain et sa sensibilité au premier plan.

Spectacle proposé par la ville de Ferney-Voltaire en partenariat avec la Comédie de Ferney

273Noces
Du 21 au 23 février à 20h30
D’Albert Camus
Cie Thalie
Prix des places: 15 €, tarif réduit 10 €
Mise en scène : Olivier Broda
Avec : Annick Gambotti
Composition et improvisation musicale : Jean-Louis Deconfin
« Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est, de retrouver sa mesure profonde »
Noces à TipasaL’œuvre et la pensée de Camus ont marqué le XXème siècle. 2013 célébrera le centenaire de la naissance d’un auteur essentiel. Nous avons donc choisi de faire entendre la parole d’un auteur rare à l’image de ces deux courts essais autobiographiques trop rarement entendus.Avec Noces et Retour à Tipasa respectivement, Albert Camus signe deux textes d’une sensuelle beauté en forme de célébration de la nature, de l’histoire et de la connaissance profonde de soi. […]
Dans ce texte lumineux, Camus y décrit de façon virtuose ses sentiments, sa joie bien sûr dans l’exaltation de la promenade à Tipasa mais aussi ses impressions et ses méditations sur la condition humaine et la recherche du bonheur.
Pour Camus, la conquête du bonheur exige que l’homme devienne ce qu’il est, remonte à « l’expérience originelle ». Pour être en accord avec le monde, il doit se libérer des contraintes physiques, morales et culturelles.
Cette œuvre de jeunesse confirme déjà ses dons d’écrivain qui contient en germe les thèmes majeurs de son œuvre : le soleil, la solitude, l’absurde destin des hommes.
[…] Mais la guerre mondiale passe et le paysage de Tipasa se couvre de barbelés.
Ayant pris conscience de l’absurdité de l’existence humaine, Camus refuse cependant de céder au désespoir et montre qu’il est possible de donner un sens à sa vie, en luttant pour les valeurs morales et intellectuelles essentielles.
L’idée de réunir ces deux textes écrits à quinze années d’intervalle fut une évidence autant que l’envie de mêler les mots charnels de Camus au son d’un piano sensible. A l’écoute de cette œuvre émouvante, nous souhaitions faire découvrir la richesse de la musique d’un homme libre exprimant passion, tendresse ou révolte avec une totale sincérité et traquant tout ce qui vibre et rayonne de lumière.
La musique sera donc le maître mot de notre travail.

276A portée de crachats
Les 15 et 16 mars à 20h30
de Taher Najib
Théâtre de Sartrouville et des Yvelines–CDN
Prix des places: 15 €, tarif réduit 10 €
Traduction de l’hébreu Jacqueline CarnaudDe Ramallah à Tel-Aviv en passant par Paris, Taher Najib raconte sur le ton de l’ironie douce-amère les tribulations d’un acteur palestinien sans cesse confronté à des images de lui-même qu’il récuse : celle du guerrier arabe avide de vengeance qu’il incarne sur scène, celle du djihadiste en puissance dans les aéroports internationaux, celle du terroriste potentiel dans son propre pays, Israël, où il n’est jamais perçu ni traité comme un citoyen de plein droit.Ce témoignage drôle et poignant sur les paradoxes de l’identité israélo-palestinienne ouvre une réflexion sur l’existence elle-même. A portée de crachat, à portée de tir, à un jet de pierre, à deux pas d’ici, deux peuples vivent sur un territoire divisé.Acteur et auteur palestinien de nationalité israélienne, Taher Najib a d’abord écrit cette pièce en hébreu, la langue de l’autre, qu’il adresse aux Israéliens, en signe de main tendue. A travers des scènes du quotidien, A portée de crachat révèle un personnage attachant et complexe, ballotté entre la grande histoire et son métier de comédien qui l’amène à traverser les frontières, à vivre d’un côté et de l’autre, sans être vraiment nulle part chez lui. Usant du détour par le rire, cette pièce en forme de monologue-récit interroge l’identité, sans dogmatisme.
Certains textes disent si bien la vie qu’ils évitent les idées reçues . Laurent Fréchuret a déniché une de ces perles , il a su lui donner une forme simple et efficace et un interprète exceptionnel qui porte le texte et crache dans le 1000 de la vie: grand, immense moment de théâtre
Durée 1h15

277La Maréchale et le Libertin
Du 10 au 21 avril
d’Alain Guyard d’après l’œuvre de Denis Diderot
Compagnie Théorème de Plank / Compagnie Thalie
Prix des places: 15 €, tarif réduit 12 €Du 10 au 21 avril à 20h30, le dimanche à 17h00, relâche les 12, 15 et 16 avril.

Dans son Entretien d’un philosophe avec la Maréchale de … si proche de l’écriture théâtrale paru en 1776, Diderot aborde la religion en philosophe décomplexé, ennemi des superstitions, défenseur libre de la Raison, face à un pieux faire-valoir incarné par une dévote d’un autre âge.
Deux siècles ont passé et sous la plume du philosophe Alain Guyard, la Maréchale a pris corps. Le quasi monologue d’origine cède la place à une authentique dispute philosophique. Naguère triomphant, le philosophe incarné par François Bourcier se voit remis en cause dans ses tendres utopies rousseauistes et d’honnête matérialiste. Devenue cynique, hédoniste, ambigüe, la Maréchale interprétée par Annick Gambotti transforme le libertinage en grand art, ironie, dissimulation sensuelle des âmes plus encore qu’offrande facile des corps.
D’elle, Alain Guyard et François Bourcier disent qu’elle a assez lu pour rire de la déesse Raison, et assez joui pour comprendre que tout visage dénué de masque est celui de la mort, et que le masque sans visage reste la dernière élégance de la vie.
Billets en vente à l’office de tourisme du Pays de Voltaire : 00 33 (0)4 50 28 09 16.
Spectacle proposé dans le cadre de la saison Voltaire, soutenue par la ville de Ferney-Voltaire, la communauté de communes du Pays de Gex, le département de l’Ain et la région Rhône-Alpes.
Durée: 1h15

280Le ravissement d’Adèle
Du 28 mai au 1er juin à 20h30, le 2 juin à 17h00
D’après Rémi De Vos
Atelier adultes de la Cie Thalie
Prix des places: 12 €, tarif réduit 8 €Une adolescente, Adèle, a disparu. Fugue, enlèvement, accident ?
Un avis de recherche est déposé dans les commerces du village, des battues sont organisées et un inspecteur est dépêché pour suivre l’affaire.
Très vite les rumeurs se mettent à enfler et les soupçons à semer la zizanie parmi les habitants. Tout devient soudain incroyablement suspect, bizarre, compliqué, y compris la façon de parler des uns et des autres.
Le Ravissement d’Adèle est une peinture féroce et drôle de la folie qui peut envahir un petit village, mettant en évidence, avec humour, les maux de notre société.
C’est surtout et aussi une pièce tendre qui dépeint la fragilité humaine quand les fêlures et les peurs de chacun prennent le pas sur la raison.

A travers ses personnages habilement et malicieusement croqués, c’est un spectacle qui parle à tous !
Rémi De Vos, auteur dramatique et scénariste, a écrit une quinzaine de pièces. Auréolé de plusieurs Molières il fait partie des grands noms du monde du théâtre.

Recommandés pour : Français (notamment La Maréchale et le Libertin, pour évoquer les Lumières, et Noces, pour la poésie ou pour accompagner toute étude de Camus), Histoire-géographie (notamment A portée de crachats), Philosophie (notamment On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve)

Saison Voltaire 2013

ImageJeudi 24 janvier au théâtre du Châtelard, le Maire de Ferney, François Meylan, et l’adjointe à la Culture, Géraldine Sacchi-Hassanein, ont présenté le programme et les orientations de la Saison Voltaire 2013.

Cette onzième saison Voltaire célébrera le tricentenaire de la naissance de Denis Diderot ainsi que le 250e anniversaire du célèbre Traité sur la Tolérance de Voltaire, autour d’un thème qui rappelle l’engagement et l’importance de la culture et des arts : … être utile aux hommes.

Trois spectacles-phares de la saison ont été présentés, trois créations autour de l’œuvre de Diderot dans les trois théâtres de Ferney :

La Maréchale et le libertin, en avril 2013 à la Comédie de Ferney.

Entretien d’un père avec ses enfants, en septembre-octobre 2013 au Châtelard.

Le neveu de Rameau, en décembre 2013 au théâtre Micromégas.

De nombreux autres événements auront lieu, concerts, conférences au château, universités d’été, bal littéraire… et bien sûr la Fête à Voltaire en juin.
Je suis également très intéressée par l’adaptation annoncée de La Religieuse, toujours de Diderot, en novembre 2013 à la Comédie de Ferney.

L’agenda de tous les événements de la saison peut être consulté sur cette page du site de la mairie.

Recommandé pour : les programmes de français (secondes et premières), de philosophie, d’ECJS.