Le Printemps des Poètes à Micromégas

Tous les ans, le Lycée International célèbre le Printemps des Poètes.

Mais cette année, compte tenu de l’actualité et du thème national, l’insurrection poétique, il nous a paru nécessaire de donner plus d’ampleur à cette manifestation.

Costanza Solari, du théâtre Micromégas de Ferney, nous a proposé d’accueillir une soirée de lecture de poèmes dans toutes les langues.

Et nous étions donc réunis, le soir du 20 mars, au théâtre Micromégas, pour dire et entendre des insurrections poétiques.

micromegas

C’était beau, juste, parfois touchant, parfois très drôle. Tant les mots des poètes frappent juste.

La particularité de notre région et de notre lycée, la diversité de ses langues, était bien représentée — et c’est d’autant plus important en poésie, où la traduction, si belle soit-elle, ne rend jamais justice à la musique des mots dans leur langue d’origine.

La Section Italienne s’est particulièrement distinguée : ses élèves et leur professeur, Marta Ragusa, on lu de très beaux textes notamment d’Amelia Rosselli et Aldo Palazzeschi.

L’espagnol était également à l’honneur, avec ses poètes qui ont écrit de si belles insurrections (et y ont, parfois, laissé la vie) : Federico Garcia Lorca, Armando Valladares, Cesar Vallejo…

L’allemand a été représenté par une lecture de la « Lorelei » de Heine comparée à celle d’Apollinaire.

Et bien sûr, les poètes français ne manquaient pas : les engagements de Victor Hugo, d’Aragon, de Desnos, de Boris Vian, la rébellion de Rimbaud, les poètes de la négritude, Aimé Césaire ou David Diop… et même l’Eluard des Mains Libres, au programme de Terminale L cette année.

L’auteur-compositeur-interprète Sophie Martin-Hautinguirault a ouvert et accompagné la soirée par des « chansons à textes » — elle assume cette étrange « étiquette » — rappelant le lien étroit entre poésie et musique, entre révolution (même douce) et chanson (faussement légère).

La soirée s’est terminée par un buffet canadien et une envie très décidée de renouveler l’événement l’an prochain, avec encore plus d’élèves, encore plus de langues, encore plus de poèmes.

 

Je termine avec les mots cités en janvier par Jacques Bonnaffé, parrain de cette quinzième édition du Printemps des Poètes : « Si l’on ne crie pas dans le silence, le silence nous anéantira. »