Et Pendant l’Eté ?

Certains d’entre vous, collègues, élèves ou anciens élèves, restez peut-être dans la région pendant l’été.

Voici quelques activités culturelles qui pourraient vous intéresser :

– le Passeport Big Bang : de nombreuses visites et animations sur les sites du CERN depuis le 2 juin dernier

« Le LHC ne fonctionne plus ; les techniciens du CERN ont besoin de vous pour le faire redémarrer. » Une fois en possession de vos 10 codes, un par étape du Passeport Big Bang, vous pourrez tenter de faire redémarrer le LHC. En serez-vous capables ? Si vous y parvenez, vos efforts seront récompensés…

Tous les détails sur le site du Passeport.

– le Festival de Jazz de Montreux – du 5 au 20 juillet

On ne le présente plus ! Au programme 2013, Leonard Cohen, Prince, Sting, Deep Purple, Kraftwerk et j’en passe. Je suis sûre que vous avez déjà réservé ! Tous les détails sur le site du Montreux Jazz Festival.

– Ciné-Transat – du 11 juillet au 18 août – Parc de la Perle du Lac

Si vous ne connaissez pas, il s’agit de projections cinématographiques gratuites, nocturnes, en plein air et souvent animées, sans compter d’inénarrables soirées à thème (pique-nique romantique, zombie, Indiana Jones, ou Bleu et Etoiles avec Avatar…) ! Tout le programme sur le site de Ciné-Transat.

– les Fêtes de Genève – du 18 juillet au 11 août

Outre le célèbre feu d’artifices du 10 août (grandiose mais bondé), la Fête de la Rade du 3 août, des dizaines de concerts gratuits, des artistes de rues, — et pour les lève-tôt, des Aubes Musicales dès 6 heures du matin ! Programme détaillé sur le site des Fêtes.

– le Week-end des Etoiles – 03 et 04 Août – Fort l’Ecluse

Comme chaque année, ORION, le club d’astronomie du Pays de Gex, prépare le week-end des Etoiles sur le site du Fort l’Ecluse. Cet événement permet de divulguer différentes techniques et connaissances dans le domaine de l’astronomie en particulier.
Au programme de la manifestation qui se déroulera sur deux jours et une nuit, des démonstrations et activités (astronomie, radioamateurs, ateliers, expositions, conférences…) seront présentées par une quarantaine d’intervenants.
De nombreuses animations seront proposées tout au long du week-end, de jour comme de nuit, pour les petits comme pour les grands.

Tous les détails sur le site de Fort l’Ecluse.

– Dans les musées de Genève :

Une exposition sur les Arts de l’Antiquité au musée Barbier-Mueller jusqu’au 6 octobre, « Le lecteur à l’œuvre » à la Fondation Martin Bodmer jusqu’au 25 août, « Noirs d’encre » à la Fondation Baur (le musée des arts d’Extrême-Orient de Genève) jusqu’au 4 août, une exposition sur les Champignons jusqu’au 4 août et la Nuit des Chauve-Souris le 30 août au Muséum d’Histoire Naturelle, …

– Dans le cadre de la Saison Voltaire 2013 :

De nombreux événements au château de Voltaire (Ferney) : une exposition « Diderot et l’Encyclopédie » tout l’été (et même l’automne), une conférence ce lundi 8 juillet à 19h sur Diderot et Sophie Volland (qui devrait rappeler aux Premières leur sujet de bac blanc…), un concert « Musique à la cour au temps de Marie-Antoinette » le 26 juillet, et fin août les Universités d’été de Ferney-Voltaire, colloque rassemblant une trentaine de participants, chercheurs académiques ou écrivains, sur le thème « Dictionnaires et encyclopédies » qui sera clos par un Bal littéraire le 30 août !

Et bien d’autres événements… N’hésitez pas à proposer vos suggestions de sorties en commentaires.

Ferney Fête la Musique (nos Elèves Aussi)

Nombreux sont les musiciens, de tous styles, parmi les élèves du Lycée International.

Et même si la Fête de la Musique tombe chaque année en plein baccalauréat (ce sont les ambivalences de l’été), nombreux sont les élèves qui s’y produisent malgré tout. J’avais prévu un post exhaustif proposant la liste de toutes les performances de nos élèves en ce 21 juin mais n’ai pu réunir toutes les informations en cette période de révisions.

Voici cependant le programme de la Fête de la Musique 2013 à Ferney, tel que transmis par la ville.

Parc de l’abbé Boisson, centre-ville, 17h30-1h
_17h30 Classe CHAM et choeur des écoles

_19h Quatuor Ephémère : un cocktail détonnant qui donne vie à un répertoire riche et varié de jazz, classique, et musiques de fil. A noter : ce quatuor est composé de quatre élèves de Première et Terminale du lycée — Thea Beronja, Chiara Marocco, Lancelot & Salomé Radovic. Tous de grands musiciens !

_20h La ruelle en chantier : depuis 2007, ce quatuor véhicule sa joie de vivre et son attachement pour les mots à travers une volonté acharnée de conter à un large public ses histoires. La ruelle glisse au creux de vos oreilles l’envie de fredonner ses airs et d’entrer dans la danse. http://www.laruellenchantier.fr

_21h45 Fantasia Orchestra : Georges Baux et Abdelwaheb Sefsaf, se sont inventé un style « pop-fanfare » qui embarque le public dans un road movie, du nord au sud, à moins que ce ne soit l’inverse… Ils revendiquent une écriture engageante, fantaisiste, nostalgique et joyeuse. http://www.fantasiaorchestra.com

_23h15 Daz’ini et Tismé : Tismé un beatmaker sorcier aux créations sonores à la fois tribales et électroniques (vainqueur à deux reprises du Beatmaker Contest), et Daz-ini le MC magicien se sont alliés pour une épopée musicale rap et hip-hop qu’ils ont à coeur de défendre et de partager avec le public. http://www.feelfreetodreambig.com

> Grand’rue, centre-ville, 19h-23h
Scène ouverte qui donne la place aux groupes de musique actuelle locaux, Triba (19h), El Fanjo (19h30), Flowlly Kidd (20h), La Kolok (20h30), Ray Di Yo (21h), Di-meh (21h30), Azalious (22h), Géo (22h30).

> Temple, 13 rue de Gex, 17h30-19h30
Les professeurs du conservatoire et leurs élèves (donc certainement certains des nôtres) présentent plusieurs prestations. Petite formation en duo, ou orchestre de 30 musiciens, ce moment musical donne à entendre la diversité du travail des élèves du conservatoire de musique et de danse à rayonnement communal de Ferney-Voltaire.

> Chateau de Voltaire, 20h-22h
Un quatuor pour hautbois et cordes interprète Hans Krása (Passacaille et fugue pour trio à cordes), W.A .Mozart (quatuor avec hautbois en fa majeur kv 370 allegro, adagio), Gideon Klein (trio à cordes, allegro, lento), variations sur un chant folklorique morave, molto vivace et Banjamin Britten (Phantasy pour quatuor avec hautbois op 2). Avec Violaine Dufès (hautbois), Timothée Weiss (violon), Sarah Teasdale (alto) et Guillaume Quartenoud (Violoncelle).

Si vous êtes élève du lycée et souhaitez voir signaler votre performance, indiquez-la en commentaire à ce post (sans oublier le lieu et la date).

Lecture de Candide

Vous n’avez jamais lu Candide ? Pire : vous n’avez lu aucun conte philosophique de Voltaire ? Soyons honnêtes, voire politiquement incorrects : si vous êtes en première et passez votre bac de français dans quelques semaines, cela peut se révéler gênant. Surtout pour un élève du lycée… de Ferney-Voltaire ?

En cette période d’ardentes révisions du bac (on peut rêver), vous avez plus urgent à faire que vous lancer dans cette lecture ? Nous le comprenons bien. Rassurez-vous : la mairie de Ferney semble avoir pensé à vous puisque voici l’information qui me parvient :

Dimanche 26 mai à 16h00, la Caisse nationale des Monuments historiques vous invite à une Lecture de Candide par Etienne Luneau, au Château de Voltaire  (Ferney Voltaire)

Après avoir sillonné la France et le monde avec le spectacle « Candide » de la Compagnie Grand théâtre, Etienne Luneau, chanteur, comédien lira des extraits choisis du célèbre conte philosophique.  Entre farce, sérieux, finesse et fantaisie, le voyage initiatique de Candide lu par Etienne Luneau sera l’occasion de (re)découvrir le texte de Voltaire. Le château du patriarche sera l’écrin de ce moment de lecture à la portée de tous.

Informations pratiques : Renseignements au 04 50 40 53 21.
Tarif : droit d’entrée du monument (5€50)
Château de Voltaire, Allée du château, 01210 Ferney-Voltaire Tél. 04 50 40 53 21

Recommandé pour : élèves de Seconde (français : les genres de l’argumentation au XVIIe et XVIIIe siècles) ; élèves de Première en approche du bac…

Traité sur la Tolérance

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C’est sans doute l’un des textes les plus célèbres de Voltaire. La plupart de nos élèves en ont vaguement entendu parler : « Ah oui, l’affaire Calas ! » Mais je gage que peu l’ont lu.

Le Théâtre du Châtelard en propose une belle occasion en l’adaptant au théâtre.

Le Traité n’est pas un texte de théâtre, mais il n’est pas dénué de théâtralité, car le combat de Voltaire contre l’intolérance et la bêtise est à la fois féroce et joyeux, multiple et varié, faisant alterner philosophie, fausses lettres satiriques, prière à Dieu…

explique le Châtelard.

Informations pratiques : Deux représentations le samedi 11 mai à 20h et le dimanche 12 mai à 17h. Et comme il s’agit de la présentation d’un travail de fin de stage (pour comédiens professionnels), les représentations sont gratuites ! Il serait dommage de s’en priver. En général, à ces occasions, les comédiens sont heureux de discuter avec des lycéens après le spectacles.

Recommandé pour : tous ! En Seconde, dans le cadre de « Genres et formes de l’argumentation : XVIIe et XVIIIe siècles » (programme de français), en Première pour « La question de l’homme » (programme de français), voire en Terminale pour la philosophie… et pour nous tous qui travaillons dans la ville de Voltaire !

Complément : Vous pouvez lire le Traité sur la Tolérance sur Wikisource.

La Religieuse au cinéma

header_la_religieuse2013 est l’année Diderot, nous en avons déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, par exemple pour signaler à la Comédie de Ferney le spectacle La Maréchale et le Libertin (en avril 2013) et l’adaptation théâtrale de La Religieuse (en novembre 2013).

Mais le même roman de Diderot (célèbre, brûlant, controversé, moderne !) est adapté cette année au cinéma par Guillaume Nicloux avec Pauline Étienne, Louise Bourgoin, Isabelle Huppert… Sortie en salles le 20 mars.

XVIIIe siècle. Suzanne, 16 ans, est contrainte par sa famille à rentrer dans les ordres, alors qu’elle aspire à vivre dans « le monde ». Au couvent, elle est confrontée à l’arbitraire de la hiérarchie ecclésiastique : mères supérieures tour à tour bienveillantes, cruelles ou un peu trop aimantes… La passion et la force qui l’animent lui permettent de résister à la barbarie du couvent, poursuivant son unique but : lutter par tous les moyens pour retrouver sa liberté.

Je ne l’ai pas encore vu mais Zéro de conduite propose un site pédagogique pour accompagner sa sortie : http://www.zerodeconduite.net/lareligieuse

On peut d’ores et déjà y voir la bande-annonce, y lire un intéressant entretien du réalisateur avec des enseignants, et pour les professeurs y télécharger un dossier pédagogique.

Recommandé pour : Secondes (Genres et formes de l’argumentation : XVIIe et XVIIIe siècles), Premières (la question de l’homme dans les genres de l’argumentation, les réécritures)

Pour l’instant, il n’est prévu qu’à Carouge : quel dommage !

Actualisation : Le film est au programme du Festival des Cinq Continents ! Il sera donc projeté au Cinéma Voltaire (Ferney) le samedi 25 mai à 15h, suivi d’un échange avec Martin Barnier,professeur de cinéma à Lyon 2, et trois séances scolaires sont prévues :

Mardi 28 mai 09h00
Jeudi 30 mai 09h00
Vendredi 31 mai 09h00

Chaque Homme est une Race

Chaqhom_musique

Du 22 au 24 mars 2013 sera représentée au théâtre du Châtelard (Ferney) cette très belle pièce helvético-africaine que les élèves d’Option Théâtre du lycée ont appréciée l’an dernier.

Un metteur en scène suisse, Patrick Mohr, a travaillé à partir de textes de Mia Couto, écrivain mozambicain, et avec des comédiens, musiciens, danseurs, griots du Burkina Faso et du Mali.

La presse genevoise, lors de la première tournée, était aussi enthousiaste que notre Option Théâtre :

 « Il y a dans cette réalisation du Théâtre Spirale l’authenticité des grandes mises en scène, la générosité d’artistes sachant porter un texte entre vécu et fiction, poèmes, chansons et danse.
Magnifique hommage à une Afrique déchirée par sa misère et ses espérances, et paradoxalement si riche dans l’expression de ses cultures. Ou manifestation poétique de nations au bord du gouffre, qui puise dans ses poètes, la distance et l’humour. »
(La Tribune de Genève, Chantal Savioz, mai 2009)
 « Tirée du livre Les Baleines de Quissico, cette pièce évoque en trois récits le mirage capitaliste et le dénuement extrême dans une langue pourtant drôle, poétique et colorée. Plaisir et émotions
garantis ! »
(Le Courrier, Dominique Hartmann, mai 2009)
Production Théâtre Spirale–Genève, en collaboration avec Troupe Sò au Mali, Compagnie Deux Temps Trois Mouvements en France, Centre Djéliya au Burkina-Faso

Informations pratiques : Spectacle tout public ; Durée 1h40 ; Plein tarif 20€ l Séniors et abonnés Saison Voltaire 15€ l Étudiants et chômeurs 10€ ; Vendredi 22 et samedi 23 mars à 20h l Dimanche 24 mars à 17h

Recommandé pour : Tous. Que ce soirt pour le plaisir du théâtre, de la musique, la vision de l’Afrique ou des rapports Nord/Sud.

Identité : Israélo-Palestinien

aporteeNous rappelons que les 15 et 16 mars sera représentée à la Comédie de Ferney la remarquable pièce A portée de crachats de Taher Najib, mise en scène par Laurent Fréchuret et interprétée par Mounir Margoum.

De Ramallah à Tel-Aviv en passant par Paris, Taher Najib raconte sur le ton de l’ironie douce-amère les tribulations d’un acteur palestinien sans cesse confronté à des images de lui-même qu’il récuse : celle du guerrier arabe avide de vengeance qu’il incarne sur scène, celle du djihadiste en puissance dans les aéroports internationaux, celle du terroriste potentiel dans son propre pays, Israël, ouù il n’est jamais perçu ni traité comme un citoyen de plein droit.

Ce témoignage drôle et poignant sur les paradoxes de l’identité israélo-palestinienne ouvre une réflexion sur l’existence elle-même. A portée de crachat, à portée de tir, à un jet de pierre, à deux pas d’ici, deux peuples vivent sur un territoire divisé.

Acteur et auteur palestinien de nationalité israélienne, Taher Najib a d’abord écrit cette pièce en hébreu, la langue de l’autre, qu’il adresse aux Israéliens, en signe de main tendue. A travers des scènes du quotidien, A portée de crachat révèle un personnage attachant et complexe, ballotté entre la grande histoire et son métier de comédien qui l’amène à traverser les frontières, à vivre d’un côté et de l’autre, sans être vraiment nulle part chez lui. Usant du détour par le rire, cette pièce en forme de monologue-récit interroge l’identité, sans dogmatisme.

Annick Gambotti nous dit combien elle aime cette pièce :

C’est excellent, actuel, joué par un grand comédien et remarquablement mis en scène.
Ce spectacle, pour moi coup de coeur d’Avignon est repris bientôt, entre autres lieux, au théâtre du Rond Point à Paris.
Ce texte touchant un sujet sensible est magnifique. Il est tellement bien joué et mis en scène ( je me répète !) et on rit beaucoup !

Alors, même si ces dates clôturent une semaine éprouvante de bac blanc pour une bonne partie de nos élèves… allez-y.

Informations pratiques : Comédie de Ferney, les 15 et 16 mars à 20h30. Durée 1h15. Places à 15 € (tarif réduit de 10 €, valable bien sûr pour les lycéens).

Recommandé pour : tous ! En particulier tous ceux, nombreux, qui s’intéressent d’une façon ou d’une autre au conflit israélo-palestinien.

Noces à la Comédie de Ferney

Le premier post d’élève !

Vendredi 22 février (le soir des vacances) nous sommes allés voir avec quelques élèves Noces, d’après Albert Camus, à la Comédie de Ferney. Voici ce qu’en a pensé Thea Beronja, élève de Terminale Littéraire.

Etrange titre qui caractérise l’essai autobiographique, d’Albert Camus. Un mot qui au premier sens trompe le lecteur. L’auteur y raconte ses souvenirs et y dévoile ses sentiments, il y « célèbre les noces de l’homme avec le monde ». Il se pose plusieurs questions qui reviennent sans cesse, chacune caractérisées par un lieu, un souvenir. Une en particulier marque la nouvelle Noces à Tipasa. Le bonheur, ressenti par la joie et l’exaltation dans la promenade à Tipasa, et défini par cette question : « Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? » Mais Camus peint aussi le portrait de la souffrance avec les ruines qui recouvrent sa ville, son pays.

L’usage des mots pour raconter ce que l’on a vécu, ce que l’on ressent, est ici presque naturel. L’impression se crée comme si le texte s’écrivait au fur et à mesure que nos yeux avançaient au fil des pages. Nous avons abordé cette année en philosophie le problème du langage. Si la parole est un outil pour s’exprimer, elle n’aurait été conçue que pour faciliter la communication. Or dans l’essai autobiographique Noces il ne s’agit pas directement de communication. C’est avant tout une recherche pour exprimer le ressenti des expériences auxquelles Camus a été confronté. Le dialogue avec le lecteur ne se fera que plus tard lors de sa publication.

Le choix de le représenter au théâtre par une comédienne (Annick Gambotti), nous montre que quelque part, elle n’est que le « moyen » utilisé pour dire le texte. Son jeu dans la simplicité, permet justement de saisir le sens du texte sans être dérangé par autre chose. Je pense aussi que le comédien, est une personne qui arrive à prendre du recul sur sa personnalité pour entrer dans une autre ou plutôt pour permettre à quelque chose d’extérieur d’y entrer. Ainsi le texte prend possession du comédien et non l’inverse.

Un dernier point concernant le mélange entre musique et texte. J’ai trouvé que les deux se mariaient vraiment bien. La musique vient ici compléter le récit par ces mélodies qui le suivent à la perfection. À aucun moment je n’ai été troublée par le piano de Jean-Louis Deconfin, qui marquait les pauses et le passage à une autre partie de l’essai. Le bruitage du vent fait par la trompette illustrait le récit et nous amenait dans une autre dimension. Par moment, lors du « brouillard » percé par un mélange de parole et de sons, on avait vraiment l’impression d’y être. D’être avec la comédienne, et transporté par les pensées de Camus. La structure parallèle de la musique permettait de suivre le texte s’il arrivait qu’on en décroche. L’ouverture par « le vent », son perpétuel qui rythmait toute la représentation, puis d’un air à la trompette, suivi de cette mélodie au piano qui revenait chaque fois que Camus se souvenait d’autres choses, pour terminer à nouveau sur la trompette, dessinait un chemin à suivre, peut-être le chemin qu’Albert Camus a tenté de créer. Par ailleurs, cette musique improvisée était comme un tailleur fait sur mesure. En effet l’improvisation composée de ces quelques notes contribuait à porter le texte du bout des doigts pour permettre aux spectateurs de le saisir.

La toute fin, lorsque les deux voix, humaines cette fois, ont prononcé les dernières phrases à l’unisson, cela a pu nous montrer que l’instrument de musique permet d’illustrer et d’inventer une atmosphère particulière, mais que le meilleur, l’indétrônable instrument, et moyen par lequel un humain s’exprime : la voix et donc les mots, le langage.

De Voltaire à Fukushima

ImageLes lecteurs de Candide sont familiers du « désastre de Lisbonne », du poème qu’il a inspiré à Voltaire, des malheurs qu’il a engendrés pour Candide et Pangloss, et du doute que les humains les plus optimistes ne peuvent s’empêcher de ressentir face à un tel événement — ou à toute catastrophe naturelle, éruption volcanique, raz de marée.

Mais toutes les catastrophes ne sont pas « naturelles »…

Poème (sonore) sur le désastre de Lisbonne (et de Fukushima…)

Du 15 au 17 février 2013 au Châtelard (Ferney)
Textes d’après Poème sur le Désastre de Lisbonne de Voltaire et Ce n’est pas un Hasard de Ryoko Sekiguchi l

Lisbonne est abîmée et l’on danse à Paris

Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,

De vos frères mourants contemplant le naufrage

Vous recherchez en paix la cause des orages

Que dire lorsqu’on est le tranquille spectateur d’un désastre? Rien ? Il y a pourtant le désir de penser ou de déjouer les pièges de la pensée. Il y a le texte de Voltaire, spectateur lointain du tremblement de terre de Lisbonne, en 1756. Texte critique. Il dénoue la nature voilée des choses et ce que nous y projetons d’intentionnalité désastreuse, punitive ou providentielle.

Il y a la chronique de Ryoko Sekiguchi. Japonaise, elle réside à Paris. Elle est spectatrice éloignée de la double catastrophe, naturelle et industrielle, de Fukushima. Elle piste la ténacité des discours autrefois démontés par Voltaire. Paroles vaines de spectateurs qui contemplant le naufrage recherchent en paix la cause des orages, paroles qui prétendent révéler le sens
caché des catastrophes. Ce n’est pas un hasard ! C’est le dessein vengeur d’une main invisible. God design. Le dernier cri.

Que peut dire le spectateur tranquille devant le désastre ? Entasser les mots sur les morts ? Non. Un poème pour désensevelir les images des images, pour désactiver les discours. Une tentative de pensée minimale. Un poème sonore pour une voix de comédien, une guitare, une bande électroacoustique. Presque silence + récitatif. Un thrène pour réfléchir.

Vendredi et samedi à 20h l Dimanche à 17h

Spectacle dès 15 ans

Plein tarif 20€ l Séniors et abonnés Saison Voltaire et Comédie de Genève 15€ l Étudiants et chômeurs 10€

Réservations : 04.50.28.26.40 l contact@fortheatre.fr

Recommandé pour : Secondes (les Lumières, l’argumentation) ; Premières (argumentation, question de l’homme) ; tous les amateurs de Voltaire ; tous ceux qui s’interrogent sur le Désastre de Fukushima (les éco-délégués ?)

 

Le printemps à la Comédie de Ferney

Plusieurs spectacles attirent notre attention ce printemps à la Comédie de Ferney

  278 On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve
Le 15 février à 20h30
Compagnie Tenseï
Prix des places: plein 12 €, membres 10 €, réduit 8 €
Interprétation: Rafael Samdja, Daz-Ini, Margaux Tatzberg, Kevin Bonvi, Bruno Dias
Chorégraphie: Rafael Smadja
Mise en scène: Imad Nefti
Musiciens live: Bruno Dias (guitare) Margaux Tatzberg (violon), Kevin Bonvin (basse)« On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » est la rencontre de l’Homme et du Temps.
Une rencontre bouleversante, une joie incomparable, un ennui (presque) mortel, une douleur démesurée… Voici ce à quoi l’Homme devra faire face. Assumer sa place dans un monde où le Temps devient le dictateur de nos actes et pensées.
Faut-il accepter ou refuser ce moule émotionnel ? […]
L’essentiel se trouve donc dans notre manière de l’appréhender, de l’apprivoiser, de le vivre, de composer avec lui, sans en être esclave. Notre rapport avec ce dernier est intime et pourtant universel. Notre époque nous force à constater que l’émotion, le sentiment et le ressenti ne sont plus une priorité pour l’Homme.
Cette création vient bouleverser les mœurs en mettant l’Être Humain et sa sensibilité au premier plan.

Spectacle proposé par la ville de Ferney-Voltaire en partenariat avec la Comédie de Ferney

273Noces
Du 21 au 23 février à 20h30
D’Albert Camus
Cie Thalie
Prix des places: 15 €, tarif réduit 10 €
Mise en scène : Olivier Broda
Avec : Annick Gambotti
Composition et improvisation musicale : Jean-Louis Deconfin
« Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est, de retrouver sa mesure profonde »
Noces à TipasaL’œuvre et la pensée de Camus ont marqué le XXème siècle. 2013 célébrera le centenaire de la naissance d’un auteur essentiel. Nous avons donc choisi de faire entendre la parole d’un auteur rare à l’image de ces deux courts essais autobiographiques trop rarement entendus.Avec Noces et Retour à Tipasa respectivement, Albert Camus signe deux textes d’une sensuelle beauté en forme de célébration de la nature, de l’histoire et de la connaissance profonde de soi. […]
Dans ce texte lumineux, Camus y décrit de façon virtuose ses sentiments, sa joie bien sûr dans l’exaltation de la promenade à Tipasa mais aussi ses impressions et ses méditations sur la condition humaine et la recherche du bonheur.
Pour Camus, la conquête du bonheur exige que l’homme devienne ce qu’il est, remonte à « l’expérience originelle ». Pour être en accord avec le monde, il doit se libérer des contraintes physiques, morales et culturelles.
Cette œuvre de jeunesse confirme déjà ses dons d’écrivain qui contient en germe les thèmes majeurs de son œuvre : le soleil, la solitude, l’absurde destin des hommes.
[…] Mais la guerre mondiale passe et le paysage de Tipasa se couvre de barbelés.
Ayant pris conscience de l’absurdité de l’existence humaine, Camus refuse cependant de céder au désespoir et montre qu’il est possible de donner un sens à sa vie, en luttant pour les valeurs morales et intellectuelles essentielles.
L’idée de réunir ces deux textes écrits à quinze années d’intervalle fut une évidence autant que l’envie de mêler les mots charnels de Camus au son d’un piano sensible. A l’écoute de cette œuvre émouvante, nous souhaitions faire découvrir la richesse de la musique d’un homme libre exprimant passion, tendresse ou révolte avec une totale sincérité et traquant tout ce qui vibre et rayonne de lumière.
La musique sera donc le maître mot de notre travail.

276A portée de crachats
Les 15 et 16 mars à 20h30
de Taher Najib
Théâtre de Sartrouville et des Yvelines–CDN
Prix des places: 15 €, tarif réduit 10 €
Traduction de l’hébreu Jacqueline CarnaudDe Ramallah à Tel-Aviv en passant par Paris, Taher Najib raconte sur le ton de l’ironie douce-amère les tribulations d’un acteur palestinien sans cesse confronté à des images de lui-même qu’il récuse : celle du guerrier arabe avide de vengeance qu’il incarne sur scène, celle du djihadiste en puissance dans les aéroports internationaux, celle du terroriste potentiel dans son propre pays, Israël, où il n’est jamais perçu ni traité comme un citoyen de plein droit.Ce témoignage drôle et poignant sur les paradoxes de l’identité israélo-palestinienne ouvre une réflexion sur l’existence elle-même. A portée de crachat, à portée de tir, à un jet de pierre, à deux pas d’ici, deux peuples vivent sur un territoire divisé.Acteur et auteur palestinien de nationalité israélienne, Taher Najib a d’abord écrit cette pièce en hébreu, la langue de l’autre, qu’il adresse aux Israéliens, en signe de main tendue. A travers des scènes du quotidien, A portée de crachat révèle un personnage attachant et complexe, ballotté entre la grande histoire et son métier de comédien qui l’amène à traverser les frontières, à vivre d’un côté et de l’autre, sans être vraiment nulle part chez lui. Usant du détour par le rire, cette pièce en forme de monologue-récit interroge l’identité, sans dogmatisme.
Certains textes disent si bien la vie qu’ils évitent les idées reçues . Laurent Fréchuret a déniché une de ces perles , il a su lui donner une forme simple et efficace et un interprète exceptionnel qui porte le texte et crache dans le 1000 de la vie: grand, immense moment de théâtre
Durée 1h15

277La Maréchale et le Libertin
Du 10 au 21 avril
d’Alain Guyard d’après l’œuvre de Denis Diderot
Compagnie Théorème de Plank / Compagnie Thalie
Prix des places: 15 €, tarif réduit 12 €Du 10 au 21 avril à 20h30, le dimanche à 17h00, relâche les 12, 15 et 16 avril.

Dans son Entretien d’un philosophe avec la Maréchale de … si proche de l’écriture théâtrale paru en 1776, Diderot aborde la religion en philosophe décomplexé, ennemi des superstitions, défenseur libre de la Raison, face à un pieux faire-valoir incarné par une dévote d’un autre âge.
Deux siècles ont passé et sous la plume du philosophe Alain Guyard, la Maréchale a pris corps. Le quasi monologue d’origine cède la place à une authentique dispute philosophique. Naguère triomphant, le philosophe incarné par François Bourcier se voit remis en cause dans ses tendres utopies rousseauistes et d’honnête matérialiste. Devenue cynique, hédoniste, ambigüe, la Maréchale interprétée par Annick Gambotti transforme le libertinage en grand art, ironie, dissimulation sensuelle des âmes plus encore qu’offrande facile des corps.
D’elle, Alain Guyard et François Bourcier disent qu’elle a assez lu pour rire de la déesse Raison, et assez joui pour comprendre que tout visage dénué de masque est celui de la mort, et que le masque sans visage reste la dernière élégance de la vie.
Billets en vente à l’office de tourisme du Pays de Voltaire : 00 33 (0)4 50 28 09 16.
Spectacle proposé dans le cadre de la saison Voltaire, soutenue par la ville de Ferney-Voltaire, la communauté de communes du Pays de Gex, le département de l’Ain et la région Rhône-Alpes.
Durée: 1h15

280Le ravissement d’Adèle
Du 28 mai au 1er juin à 20h30, le 2 juin à 17h00
D’après Rémi De Vos
Atelier adultes de la Cie Thalie
Prix des places: 12 €, tarif réduit 8 €Une adolescente, Adèle, a disparu. Fugue, enlèvement, accident ?
Un avis de recherche est déposé dans les commerces du village, des battues sont organisées et un inspecteur est dépêché pour suivre l’affaire.
Très vite les rumeurs se mettent à enfler et les soupçons à semer la zizanie parmi les habitants. Tout devient soudain incroyablement suspect, bizarre, compliqué, y compris la façon de parler des uns et des autres.
Le Ravissement d’Adèle est une peinture féroce et drôle de la folie qui peut envahir un petit village, mettant en évidence, avec humour, les maux de notre société.
C’est surtout et aussi une pièce tendre qui dépeint la fragilité humaine quand les fêlures et les peurs de chacun prennent le pas sur la raison.

A travers ses personnages habilement et malicieusement croqués, c’est un spectacle qui parle à tous !
Rémi De Vos, auteur dramatique et scénariste, a écrit une quinzaine de pièces. Auréolé de plusieurs Molières il fait partie des grands noms du monde du théâtre.

Recommandés pour : Français (notamment La Maréchale et le Libertin, pour évoquer les Lumières, et Noces, pour la poésie ou pour accompagner toute étude de Camus), Histoire-géographie (notamment A portée de crachats), Philosophie (notamment On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve)