Beckett, Genet et Tahar Ben Jelloun

Quelle affiche !

Deux grands dramaturges francophones du XXème siècle, Samuel Beckett et Jean Genet, souvent méconnus des élèves (c’est sans doute notre faute !), mais dont la force et la modernité les frapperaient sûrement. Et un grand auteur, bien vivant, prix Goncourt, le franco-arabe et grand pédagogue Tahar Ben Jelloun.

Cela donne Beckett et Genet, un thé à Tanger, au théâtre Le Crève-Cœur à Genève jusqu’au 24 février.

Tahar Ben Jelloun explique ainsi la création de la pièce :

Cette pièce a été une « commande » du metteur en scène Pierre Chabert et de Barbara Hute. Nous avons travaillé ensemble au fur et à mesure que je l’écrivais. Je leur dois beaucoup surtout en ce qui concerne l’univers de Beckett qu’ils connaissent bien. La pièce allait être montée, malheureusement Pierre Chabert est décédé brusquement en janvier 2010.
L’idée de cette pièce : réunir dans un café à Tanger Beckett et Genet, qui ne s’étaient jamais rencontrés de leur vivant ; ils attendent la visite de leur ami commun Giacometti ; les trois personnages se connaissaient mais ne s’étaient jamais retrouvés réunis. Par la magie de la fiction, ils pensent que ce sera possible, mais Giacometti ne viendra pas, un peu comme Godot.
C’est une comédie ; tous les dialogues sont puisés dans leur vie, leur œuvre.

Et le théâtre présente ainsi le spectacle :

Avec son écriture dense, énigmatique, sensorielle, vertigineuse aussi, Tahar Ben Jelloun met en scène ces deux auteurs insondables et magnifiques, qui ne se sont jamais rencontrés et auraient eu tant à partager. Beckett et Genet, une rencontre entre deux monstres de la littérature.

Dans cette pièce récente, Beckett se montre volubile sous la plume de Tahar Ben Jelloun, et Genet réaffirme sa différence. Leur affrontement amical pétille de réciproque admiration ; habilement l’auteur place dans les dialogues les éléments historiques qui nous font plonger dans la biographie de chacun sans avoir l’air d’y toucher. En faisant revivre les fantômes de ces deux extraordinaires personnalités, Tahar Ben Jelloun nous fait accepter que nous sommes dans une évocation, un rêve impossible. Une rencontre dans un certain paradis, incarné par un Tanger idéalisé. Il re-convoque le mystérieux G et le concrétise en la personne de Giacometti. Pendant toute la pièce, Beckett et Genet l’évoquent et l’attendent… tel Godot qui ne viendra pas. Et Genet d’ajouter « Ah Giacometti est mort, je sais, c’est une illusion ».

Notez, quelle occasion !, que :
Le Crève-Cœur aura le plaisir d’accueillir l’auteur le vendredi 14 février pour un dialogue avec le public après la représentation. Réservez vite au + 41 (0) 22.786.86.00

Informations pratiques :

Théâtre Le Crève-Cœur
16 chemin de Ruth
1223 Cologny

S’y rendre en transport en commun : bus A (arrêt Cologny-Mairie)

Tarif(s) : de 10 à 30.-

Recommandé pour : tous ! En particulier les Premières (Le théâtre et sa représentation).