Saison 2015-2016 : le Grand Théâtre

forzadeldestinoComme chaque année, le premier programme à nous parvenir est celui du Grand Théâtre, l’opéra de Genève. A partir de février 2016, du fait des rénovations du bâtiment, les spectacles auront lieu dans un beau théâtre temporaire, l’Opéra des Nations.

Cette saison 2015-2016 est très alléchante et même pour les élèves non-musiciens, elle permet de nombreuses approches plus… scolaires.

Pour parler de comédie, au collège ou en seconde :

Le Médecin malgré lui, de Molière, adapté en opéra-comique par Gounod (en avril 2016)

Pour parler du romantisme, en seconde :

la version concert de l’Ernani de Verdi, adapté de la célèbre pièce de Victor Hugo (attention, le 31 août !), le Guillaume Tell de Rossini inspiré de la pièce de Schiller (en septembre 2015), La Forza del destino, toujours de Verdi, adapté d’un drame romantique espagnol

Pour travailler les réécritures en première L (ou les lettres classiques !)

deux traitements très différents de la guerre de Troie, celle, satirique et joyeuse, d’Offenbach dans La Belle Hélène, et celle, dramatique, voire tragique, des Troyens, adaptation de l’Enéide par Berlioz (en octobre 2015).

Eventuellement aussi Barbe-Neige et les sept petits cochons au bois dormant qui s’annonce comme une réjouissante et iconoclaste relecture des contes de fées (en avril 2016)

Pour écouter du Shakespeare, l’adaptation du Midsummer Night’s Dream (Le Songe d’une nuit d’été) par Benjamin Britten, en novembre 2015

Bien sûr, on peut aussi y écouter de l’allemand avec la célébrissime Zauberflöte (Flûte Enchantée) en décembre 2015 et de l’italien (les opéras de Verdi et Rossini), voire croiser deux langues et deux cultures avec le Falstaff de Verdi inspiré des Joyeuses Commères de Windsor de Shakespeare (en juin 2016).

Je rappelle que tous les opéras sont joués dans leur langue d’origine et surtitres (comme au cinéma).

Le Printemps des Poètes à Micromégas

Tous les ans, le Lycée International célèbre le Printemps des Poètes.

Mais cette année, compte tenu de l’actualité et du thème national, l’insurrection poétique, il nous a paru nécessaire de donner plus d’ampleur à cette manifestation.

Costanza Solari, du théâtre Micromégas de Ferney, nous a proposé d’accueillir une soirée de lecture de poèmes dans toutes les langues.

Et nous étions donc réunis, le soir du 20 mars, au théâtre Micromégas, pour dire et entendre des insurrections poétiques.

micromegas

C’était beau, juste, parfois touchant, parfois très drôle. Tant les mots des poètes frappent juste.

La particularité de notre région et de notre lycée, la diversité de ses langues, était bien représentée — et c’est d’autant plus important en poésie, où la traduction, si belle soit-elle, ne rend jamais justice à la musique des mots dans leur langue d’origine.

La Section Italienne s’est particulièrement distinguée : ses élèves et leur professeur, Marta Ragusa, on lu de très beaux textes notamment d’Amelia Rosselli et Aldo Palazzeschi.

L’espagnol était également à l’honneur, avec ses poètes qui ont écrit de si belles insurrections (et y ont, parfois, laissé la vie) : Federico Garcia Lorca, Armando Valladares, Cesar Vallejo…

L’allemand a été représenté par une lecture de la « Lorelei » de Heine comparée à celle d’Apollinaire.

Et bien sûr, les poètes français ne manquaient pas : les engagements de Victor Hugo, d’Aragon, de Desnos, de Boris Vian, la rébellion de Rimbaud, les poètes de la négritude, Aimé Césaire ou David Diop… et même l’Eluard des Mains Libres, au programme de Terminale L cette année.

L’auteur-compositeur-interprète Sophie Martin-Hautinguirault a ouvert et accompagné la soirée par des « chansons à textes » — elle assume cette étrange « étiquette » — rappelant le lien étroit entre poésie et musique, entre révolution (même douce) et chanson (faussement légère).

La soirée s’est terminée par un buffet canadien et une envie très décidée de renouveler l’événement l’an prochain, avec encore plus d’élèves, encore plus de langues, encore plus de poèmes.

 

Je termine avec les mots cités en janvier par Jacques Bonnaffé, parrain de cette quinzième édition du Printemps des Poètes : « Si l’on ne crie pas dans le silence, le silence nous anéantira. »

Les programmes 2014-2015 (II. Genève)

Portrait chinois du programme de Carouge

Portrait chinois du programme de Carouge

Après les programmes des théâtres du Pays de Gex, je continue avec ceux de Genève

Depuis le changement de direction, j’aime décidément beaucoup les programmes de La Comédie de Genève.
Si L’Illusion comique sera malheureusement représentée pendant nos vacances scolaires (allez-y sans les profs !), nous pourrons y voir bien d’autres spectacles. Les littératures étrangères y sont à l’honneur, ce qui est parfait pour notre lycée. Deux Dario Fo, un Shakespeare (Le Roi Lear), le Faust de Goethe, l’Hypérion de Hölderlin…
La directrice de la Compagnie FOR (Châtelard), Simone Audemars, y fera jouer son Laboureur de Bohême – Dialogue avec la Mort de Johannes von Tepl et Hervé Loichemol y mettra en scène, en plus de Lear, un spectacle du Marquis de Sade, Français, encore un effort si vous voulez être républicains.
(A l’occasion du bicentenaire de la mort de Sade, de nombreuses manifestations autout de cet iconoclaste des Lumières sont à prévoir)
On pourra aussi y voir Orlando ou l’impatience du toujours intéressant Olivier Py.

pres-saison-petitAu Forum Meyrin  on retrouvera le grand Peter Brook (The Valley of Astonishment). On pourra se demander ce qu’Hamlet a à voir avec les adolescents d’aujourd’hui ou y assister à la version (en musique !) qu’Yves Beaunesne propose de la belle Annonce faite à Marie de Paul Claudel ainsi qu’à l’Ubu Roi de Jarry mis en scène par Declan Donnellan.
Enfin, Pantagruel y sera adapté pour la scène. Idéal pour des Premières L… Nous en reparlerons.

A Carouge, on pourra voir une adaptation de Mon Faust de Paul Valéry, une mise en scène des célèbres Jumeaux Vénitiens de Goldoni, une de L’Avare de Molière, un Dürrenmatt mis en scène par Omar Porras (ça devrait décoiffer !), du Strindberg, du Michael Frayn… et un étrange et fascinant projet autour d’Othello, par Jean Liermier.

Enfin, au Poche, on pourra voir En attendant Godot, mais aussi Gros-Câlin de Gary, du Harold Pinter, une mise en scène de Claudia Stavisky et bien d’autres spectacles.

A suivre !

Le programme de Meyrin

Programmes 2013-2014 : Théâtre Forum Meyrin

meyrin-13-14_0La présentation de la saison du Théâtre Forum Meyrin n’aura lieu que mercredi 12 juin à 20 heures mais les programmes sont déjà dans nos boîtes aux lettres… et le défi principal pour moi est de sélectionner certains spectacles et non pas une quinzaine !

Des grands classiques

Le Triomphe de l’Amour, de Marivaux, mis en scène par Galin Soev. J’irais voir volontiers n’importe quel Marivaux, et deux choix intrigants sont annoncés: celui d’une interprétation exclusivement masculine (pour des personnages souvent travestis, ce qui est fréquent chez Marivaux) et une visiion du metteur en scène de la pièce comme « une intrigue mathématique, posée sur un torrent amoureux ». Deux représentations seulement, fin octobre.

Macbeth de Shakespeare, qu’on ne présente pas. Bien sûr, les mises en scène de Shakespeare sont inégales, mais Macbeth est une pièce si magique qu’il me semble que le jeu en vaut la chandelle. D’autant que la mise en scène d’Anne-Laure Liégeois s’annonce « cauchemardesque ». Deux représentations seulement, fin janvier.

Une adaptation du célèbre roman de Céline, Voyage au bout de la nuit, avec le grand comédien Jean-François Balmer. A mon avis idéal pour parler du personnage de roman en première… voire de la guerre de 14-18, ou bien sûr des réécritures pour les premières L. Une seule représentation, jeudi 20 mars.

Langues vivantes et/ou sections nationales

The Suit, une mise en scène du grand Peter Brook d’après une pièce du Sud-Africain Can Themba, en anglais (avec surtitres français) et en musique. Un adultère, un conte africain, l’époque de l’apartheid (donc aussi pour l’Histoire !) et du jazz ! Deux représentations seulement, début octobre.

Macbeth, cf. plus haut.

Oblomov, librement inspiré du grand personnage anti-héroïque d’Ivan Gontcharov. De multiples approches sont possibles d’un point de vue scolaire : notre LV3 Russe, le personnage de roman, voire la question de l’homme (français première) puisque la pièce s’annonce aussi comme une méditation sur le bonheur et le sens de la vie. En février 2014.

Je sais que les élèves de la Section Italienne étudient La Divine Comédie de Dante. Le chorégraphe italien Emiliano Pellisari en propose une interprétation dansée qui tient aussi « de la sculpture grecque, du théâtre fantastique de la Renaissance ou des inventions mécaniques du XVIIIe siècle » avec « des références surréalistes aux univers de Magritte et d’Escher ». J’aurais aussi bien pu placer ce spectacle dans les grands classiques, compte tenu de l’importance de Dante dans la construction de la culture européenne. Deux représentations seulement, début mars.

Pour les scientifiques :

Quantum, fin septembre, un spectacle de Gilles Jobin, chorégraphe en résidence au CERN pendant trois mois, qui mêle danse, lumières, visite du LHC, film, conférence et rencontre avec des physiciens du CERN. Trois représentations seulement pour une expérience qui sera à mon avis unique !

Pour l’ECJS, l’histoire-géographie, ou tout projet engagé (développement durable par exemple)

Pas un spectacle, mais un « débat citoyen » intitulé « Roms en Cité : Espace public, pauvreté et vivre ensemble : occupation de territoires urbains par les Roms et impacts sociopolitiques ». Le Samedi 16 novembre toute la journée… voilà qui ferait un beau projet.

Sfumato de Rachid Ouramdane, une « pièce pour sept danseurs où il pleut beaucoup » sur les « éco-réfugiés » ou « réfugiés climatiques ». Deux représentations seulement, début avril.

Pour les lettres classiques

Didon et Enée de Purcell, opéra adapté pour une scène de théâtre avec « beauté et drôlerie » qui annonce raconter la célèbre et tragique histoire de la reine de Carthage en faisant alterner « aria baroque » et « hilarant numéro de skieur acrobate ». Ma curiosité est piquée… Deux représentations seulement, fin avril.

De la musique

Mais littéraire, avec un alibi scolaire s’il vous en faut un, pour L’Art et la Révolte, d’Abd Al Malik, « librement inspiré d’Albert Camus ». A recommander pour la question de l’homme (français première), à recommander tout court, de toute façon. Une seule représentation le 6 novembre.

J’en suis déjà à 11 spectacles… Et je n’ai même pas parlé des expositions, elles aussi très alléchantes…

Là encore, réservations le 26 août, n’hésitez pas à me communiquer vos voeux…