Programmes 2013-2014 : Théâtre de Carouge

Après le Grand Théâtre et la Comédie de Genève, c’est au tour du théâtre de Carouge d’annoncer sa prochaine saison.

De nombreux spectacles pourraient être intéressants pour nous et nos élèves :

  • La Dame de la mer, du grand dramaturge norvégien Henrik Ibsen, mise en scène par le (grand aussi) Omar Porras du Teatro Malandro (certains d’entre vous ont peut-être vu ces dernières années son Eveil du printemps ou ses Fourberies de Scapin). Il affirme « Il y a en Ibsen un poète épique et un poète bourgeois. Je veux montrer l’Ibsen épique avec ses visions, ses apparitions et ses révélations », ce qui me convient très bien… Le spectacle aura mieux en octobre-novembre. Notons que certaines représentations seront en français sur-titré en anglais et en allemand.
  • La Double Mort de l’horloger, une pièce de Ödön von Horváth que je ne connais pas (deux pièces en fait : Meurtre dans la rue des Maures et L’Inconnue de la Seine qui « ont un point commun : l’assassinat d’un horloger » et qui sont inédites en français) mais qui peuvent être intéressantes, par exemple dans le cadre d’un projet en allemand (national ou non), puisqu’il s’agirait d’œuvres qui « mêle[nt] culture populaire et histoire politique de l’Allemagne du début du XXe siècle. » Mise en scène d’André Engel, représentations en novembre-décembre.
  • Un grand classique, idéal pour le programme de français de Seconde, Le Malade imaginaire de Molière, mis en scène par Jean Liermier, en janvier-février 2014.
  • Une adaptation théâtrale du roman de Tolstoï, Guerre et paix, par Piotr Fomenko (décédé l’an dernier). Spectacle en russe surtitré en français, représentations en février-mars. Cela pourrait être intéressant bien sûr pour les élèves de LV3 Russe de M. Dabbadie mais aussi pour tous les élèves qui aimeraient connaître ce grand (et long) roman sans avoir le courage de se lancer dans sa lecture.
  • Encore un classique en mars-avril, La Double inconstance de Marivaux, mise en scène par Philippe Mentha. Ce serait l’occasion d’étudier cette pièce en Première, pourquoi pas ? Marivaux nous dit tant (et si bien) sur l’amour, ses jeux, ses faux-semblants, et ses mensonges qui comme au théâtre disent souvent la vérité.
  • Enfin une expérimentation qui promet d’être intéressante, Et il n’en restera plus aucun, adaptation au théâtre du roman policier Dix petits nègres d’Agatha Christie (en mai).

Les réservations hors abonnement seront ouvertes le 3 septembre (sans doute quelques jours avant pour les scolaires). Là encore, n’hésitez pas à me communiquer vos souhaits.

Des Romans d’Amour (à la Radio)

L'adaptation cinématographique d'Anna Karénine en 2012 avec Keira Knightley et Jude Law.

L’adaptation cinématographique d’Anna Karénine en 2012 avec Keira Knightley et Jude Law.

Cette semaine, la très bonne émission d’Adèle Van Reeth sur France Culture, Les Nouveaux chemins de la connaissance, analyse trois grands romans d’amour : Aurélien de Louis Aragon, Anna Karénine de Tolstoï et Belle du Seigneur d’Albert Cohen.

Si vous avez manqué les deux premiers, pas de panique, vous pouvez les réécouter ou les podcaster sur le site de l’émission.

Pour vous donner envie :

  • l’introduction de la thématique, lundi :

    Pourquoi les histoires d’amour sont-elles romanesques ? Et bien parce qu’elles finissent mal, en général, mais qu’entre le début et la fin, il y a l’histoire, les histoires,  dont les péripéties et retournements forment le romanesque par excellence– car si les histoires d’amour finissaient bien, la littérature ne s’y serait pas attardée au-delà d’un recueil de nouvelles – ou d’une collection de romans de gare.

    Demain, Michel Aucouturier nous fera voyager dans la Russie de Tolstoï aux côtés de Vronsky, Levine et Anna Karénine, mercredi, Carole Auroy assumera l’autodestruction de la passion amoureuse dans Belle du Seigneur et jeudi, et bien jeudi, l’amour cédera le pas à la religion, ou plutôt se sacrifiera sur l’autel des cérémonies religieuses du jeudi de l’Ascension.

    Aujourd’hui, qu’est-ce que l’amour, un idéal, un pis-aller, ou un but en soi,  ou comment l’on peut tomber amoureux lorsqu’on n’y croit pas, et d’une femme que l’on trouve franchement laide… Aujourd’hui, un prénom impérial, un roman du réel, Aurélien, de Louis Aragon.

  • une autre réflexion… et une mise en bouche pour le remarquable Belle du Seigneur :

Pourquoi l’amour est-il un sujet romanesque par excellence ?  Dans les Fragments d’un discours amoureux, Barthes propose cette réponse :

Si je suis amoureux, je peux rechercher lire, estimer tous ceux qui ont essayé d’éclairer l’être de l’amour ; mais en moi quelque chose d’intraitable finit toujours par dire : qu’est-il pour moi (ce moi n’étant pas ma personne, mais le type auquel me pousse une certaine force) ? En sorte que c’est précisément par la méconnaissance où je suis de ce qu’est l’amour que je vais à la forme la plus haute de l’analyse : la dramatisation.

Dramatiser, en faire un drame, s’imaginer sur une scène de théâtre où l’on en fait toujours trop : cette semaine les nouveaux chemins vous proposent de vous réconcilier avec ce goût du drame qui caractérise l’amour passionné en vous offrant trois romans d’amour : […], et aujourd’hui, aujourd’hui, le fardeau de la beauté et des dents parfaites, le dégoût des chats dans la gorge et des borborygmes, l’ether de la passion mécanique, le pays où l’amour donne envie de dévorer des sandwichs au jambon et où la lecture de Proust est un prétexte pour montrer ses jambes et Belle du seigneur, d’Albert Cohen.

Informations pratiques : Ecoutez l’émission sur Belle du Seigneur jeudi de 10 à 11 sur France Culture, ou plus vraisemblablement, écoutez en différé en ligne ou podcastez.

Recommandé pour : Les Premières (Français : Le personnage de roman du XVIIème à nos jours)… mais sérieusement, tout le monde ! Qui ne s’est pas interrogé sur l’amour ?