Saison 2015-2016 : Genève et Annemasse

comedie_cassandreA nouveau, je profite de cet article pour remercier les responsables de ces théâtres, qui ont tous accepté de se déplacer pour nous présenter leurs nouvelles saisons.

A Châteaurouge (Annemasse), nous serons nombreux à nous enthousiasmer pour Les Fourberies de Scapin  en novembre, ou Combats de nègre et de chiens, de Koltès, en février. Mais de nombreux spectacles innovants, notamment autour du « nouveau cirque », sont également très tentants (par exemple Les Pantins en mai), ainsi que Cœur d’acier, une pièce inspirée par la fermeture des hauts-fourneaux de Florange. On y verra encore une adaptation du Prince de Machiavel : idéal pour les premières L qui travailleront sur Renaissance et humanisme, ou pour les candidats à SciencePo, toujours nombreux au lycée.

Nous signalons également le 14 octobre la venue du Avishaï Cohen Trio (au programme de l’Option Musique de Terminale l’an prochain.)

A la Comédie de Genève, on pourra voir une adaptation théâtrale de la sublime Cassandre de Christa Wolf dès septembre : je ne suis pas objective, ayant travaillé sur cette œuvre pour mon mémoire de Master, mais c’est idéal pour réfléchir sur les réécritures en Première L. Puis, jugez du peu, une version du Voyage au bout de la nuit de Céline en octobre, Lorenzaccio, le chef d’œuvre de Musset, en novembre, l’Epître aux jeunes acteurs, d’Olivier Py, en janvier-février, et bien d’autres. Nous sommes aussi très intéressés par Mission, un spectacle bouleversant sur le quotidien d’un missionnaire belge en poste au Congo.

Au théâtre de Carouge, je me réjouis d’assister aux Acteurs de Bonne Foi de Marivaux et à Shake, où Dan Jemmett adapte La Nuit des Rois de Shakespeare. Mais on y verra aussi du Pirandello, du Feydeau, et à un spectacle sur la Toute-puissance de la poésie, d’après la correspondance de Gustave Roud, Maurice Chappaz et Philippe Jaccottet.

Enfin, au Forum Meyrin, nous pourrons voir une adaptation du Birdy de William Wharton, Une histoire d’A qui propose un regard neuf sur l’Andromaque de Racine, Monsieur de Pourceaugnac, de Molière et Lully (car il y a eu des comédies musicales avant Cats), Platonov, de Tchekhov, et Figaro divorce, une réinterprétation du Mariage de Figaro de Beaumarchais par l’auteur hongrois Ödön von Horvath.

Saison 2015-2016 : le Grand Théâtre

forzadeldestinoComme chaque année, le premier programme à nous parvenir est celui du Grand Théâtre, l’opéra de Genève. A partir de février 2016, du fait des rénovations du bâtiment, les spectacles auront lieu dans un beau théâtre temporaire, l’Opéra des Nations.

Cette saison 2015-2016 est très alléchante et même pour les élèves non-musiciens, elle permet de nombreuses approches plus… scolaires.

Pour parler de comédie, au collège ou en seconde :

Le Médecin malgré lui, de Molière, adapté en opéra-comique par Gounod (en avril 2016)

Pour parler du romantisme, en seconde :

la version concert de l’Ernani de Verdi, adapté de la célèbre pièce de Victor Hugo (attention, le 31 août !), le Guillaume Tell de Rossini inspiré de la pièce de Schiller (en septembre 2015), La Forza del destino, toujours de Verdi, adapté d’un drame romantique espagnol

Pour travailler les réécritures en première L (ou les lettres classiques !)

deux traitements très différents de la guerre de Troie, celle, satirique et joyeuse, d’Offenbach dans La Belle Hélène, et celle, dramatique, voire tragique, des Troyens, adaptation de l’Enéide par Berlioz (en octobre 2015).

Eventuellement aussi Barbe-Neige et les sept petits cochons au bois dormant qui s’annonce comme une réjouissante et iconoclaste relecture des contes de fées (en avril 2016)

Pour écouter du Shakespeare, l’adaptation du Midsummer Night’s Dream (Le Songe d’une nuit d’été) par Benjamin Britten, en novembre 2015

Bien sûr, on peut aussi y écouter de l’allemand avec la célébrissime Zauberflöte (Flûte Enchantée) en décembre 2015 et de l’italien (les opéras de Verdi et Rossini), voire croiser deux langues et deux cultures avec le Falstaff de Verdi inspiré des Joyeuses Commères de Windsor de Shakespeare (en juin 2016).

Je rappelle que tous les opéras sont joués dans leur langue d’origine et surtitres (comme au cinéma).

C’est la rentrée…

… et j’en profite pour rappeler que je cherche des rédacteurs (collègues ou élèves, voire parents) pour m’aider à alimenter ce blog. Contactez-moi si vous êtes intéressés.

Nous nous réjouissons d’entamer une nouvelle année scolaire pleine d’actions culturelles.

Au programme :

– plus de partenariats avec les acteurs culturels du Pays de Gex et de Ferney en particulier, qui se sont présentés lors de notre réunion de pré-rentrée. Une très belle initiative à renouveler chaque année !

– des sorties théâtrales avec les élèves. D’ores et déjà prévues : Faust à la Comédie de Genève pour la Section Allemande (l’oeuvre de Goethe est à leur programme cette année) ; Le Trip Rousseau et Tartuffe à L’Esplanade du Lac de Divonne ; Mangez-le si vous voulez à la Comédie de Ferney ; La Putain Respectueuse de Sartre au théâtre des 50 (délocalisé au Micromégas de Ferney) ; Pantagruel au Forum Meyrin ; Des Murs et des fenêtres au Châtelard de Ferney… et sûrement beaucoup d’autres choses.

– un projet de soirées cinéma au lycée, avec Cultures & Cinémas comme partenaire : je vous en dirai plus très bientôt si le projet se concrétise

– et bien d’autres événements prévus, le Concours d’Eloquence, comme chaque année la célébration du Printemps des Poètes, et celle du Tolkien Reading Day le 25 mars.

N’hésitez pas à me proposer vos idées d’actions culturelles.

Sortez. Créez. Bâtissez. Rêvez. Belle année à tous.

Les programmes 2014-2015 (II. Genève)

Portrait chinois du programme de Carouge

Portrait chinois du programme de Carouge

Après les programmes des théâtres du Pays de Gex, je continue avec ceux de Genève

Depuis le changement de direction, j’aime décidément beaucoup les programmes de La Comédie de Genève.
Si L’Illusion comique sera malheureusement représentée pendant nos vacances scolaires (allez-y sans les profs !), nous pourrons y voir bien d’autres spectacles. Les littératures étrangères y sont à l’honneur, ce qui est parfait pour notre lycée. Deux Dario Fo, un Shakespeare (Le Roi Lear), le Faust de Goethe, l’Hypérion de Hölderlin…
La directrice de la Compagnie FOR (Châtelard), Simone Audemars, y fera jouer son Laboureur de Bohême – Dialogue avec la Mort de Johannes von Tepl et Hervé Loichemol y mettra en scène, en plus de Lear, un spectacle du Marquis de Sade, Français, encore un effort si vous voulez être républicains.
(A l’occasion du bicentenaire de la mort de Sade, de nombreuses manifestations autout de cet iconoclaste des Lumières sont à prévoir)
On pourra aussi y voir Orlando ou l’impatience du toujours intéressant Olivier Py.

pres-saison-petitAu Forum Meyrin  on retrouvera le grand Peter Brook (The Valley of Astonishment). On pourra se demander ce qu’Hamlet a à voir avec les adolescents d’aujourd’hui ou y assister à la version (en musique !) qu’Yves Beaunesne propose de la belle Annonce faite à Marie de Paul Claudel ainsi qu’à l’Ubu Roi de Jarry mis en scène par Declan Donnellan.
Enfin, Pantagruel y sera adapté pour la scène. Idéal pour des Premières L… Nous en reparlerons.

A Carouge, on pourra voir une adaptation de Mon Faust de Paul Valéry, une mise en scène des célèbres Jumeaux Vénitiens de Goldoni, une de L’Avare de Molière, un Dürrenmatt mis en scène par Omar Porras (ça devrait décoiffer !), du Strindberg, du Michael Frayn… et un étrange et fascinant projet autour d’Othello, par Jean Liermier.

Enfin, au Poche, on pourra voir En attendant Godot, mais aussi Gros-Câlin de Gary, du Harold Pinter, une mise en scène de Claudia Stavisky et bien d’autres spectacles.

A suivre !

Le programme de Meyrin

Des Spectacles Avant Noël

Pour vous faciliter la tâche, je continue mes piqûres de rappel sur les programmes des théâtres voisins.

Puisque la rentrée approche, voici quelques spectacles intéressants entre les vacances de Toussaint et celles de Noël.

En novembre

  • Dès la rentrée, à Meyrin, L’Art et la Révolte, d’Abd Al Malik, « librement inspiré d’Albert Camus ». A recommander pour la question de l’homme (français première), à recommander tout court, de toute façon. Une seule représentation le 6 novembre.
  • Très très recommandé, La Religieuse de Diderot, les 22-23 novembre à la Comédie de Ferney. Idéal pour Secondes (XVIIIe) et Premières (question de l’homme et de la femme).
  • A la Comédie de Genève, Artaud-Barrault, conception et mise en scène Denis Guénoun (Stanislas Roquette incarne Jean-Louis Barrault, et à travers lui Antonin Artaud, poète incandescent, «royalement beau».)
  • A l’Esplanade du Lac de Divonne, une comédie classique (programme de Seconde) : Le Misanthrope de Molière, mis en scène par mes inventifs compatriotes du Cartoun Sardines, le 22 novembre
  • A Carouge, La Double Mort de l’horloger, une pièce de Ödön von Horváth que je ne connais pas (deux pièces en fait : Meurtre dans la rue des Maures et L’Inconnue de la Seine qui « ont un point commun: l’assassinat d’un horloger » et qui sont inédites en français) mais qui peuvent être intéressantes, par exemple dans le cadre d’un projet en allemand (national ou non), puisqu’il s’agirait d’œuvres qui « mêle[nt] culture populaire et histoire politique de l’Allemagne du début du XXe siècle. » Mise en scène d’André Engel, représentations en novembre-décembre.

En décembre

  • Au Châtelard (Ferney), une série de spectacles sur la condition de la femme : Elles épluchent le monde, une lecture publique de textes de femmes écrivains, poétesses, philosophes du XXe siècle (Anna Politkovskaïa, Taslima Nasreen, Charlotte Delbo, Anna Akhmatova, Christa Wolf, Maria Tsvetaïeva, Hélène Cixous, Simone Weil…) les 30 novembre et 1er décembre ; pour l’Italie Récits de femmes de Dario Fo, du 6 au 8 décembre, textes inspirés par la lutte des Italiennes pour le droit au divorce et la légalisation de l’avortement ; pour l’Afrique Trop de diables sous leurs jupes du 13 au 15 décembre (« Six femmes, dont l’âge s’échelonne entre la soixantaine et l’adolescence, six façons de concevoir l’amour et les relations avec les hommes, à la fin six destins »)
  • A la Comédie de Genève, Amphytrion de Molière en décembre, mise en scène Nalini Menamkat (plutôt pour les secondes, mais envisageable aussi pour l’étude des réécritures en premières L),

Vous me raconterez, car ce ne sont pas des dates où je vais être très disponible… 🙂

Cinq Spectacles à Voir Pendant les Vacances de Toussaint

Pour tous ceux qui restent dans la région pendant ces vacances, voici cinq pièces que nous avons recommandées à la lecture des programmes et vous invitons à aller voir :

  • La Dame de la Mer (Henrik Ibsen/Omar Porras), au Théâtre de Carouge, du vendredi 18 octobre au jeudi 7 novembre 2013
  • Pompée et Sophonisbe (Corneille/Brigitte Jaques-Wajeman) Comédie de Genève, du 29 octobre au 2 novembre 
  • Une Saison au Congo (Aimé Césaire/Christian Schiaretti), TNP de Villeurbanne, du mercredi 16 au vendredi 25 octobre 2013

Les Utopies à Plainpalais

Place de la cité végétale / © Luc Schuiten

Place de la cité végétale / © Luc Schuiten

Du 8 au 13 octobre 2013 à Genève, le festival littéraire la Fureur de lire explore l’utopie sous toutes ses facettes : du genre littéraire à l’architecture, en passant par l’histoire, l’art, la musique et les initiatives citoyennes. Organisée tous les deux ans par le Département de la culture et du sport de la Ville de Genève, la Fureur de lire revient dans le quartier de Plainpalais et sa Maison communale, lieu central de la manifestation.
De la soirée d’ouverture en compagnie du célèbre écrivain américain Russell Banks à celle de clôture du festival avec une lecture par Isabelle Huppert de textes de Sade, ce ne sont pas moins de 35 invité-e-s qui sont convié-e-s à cette Fureur utopique.

Il est très difficile de choisir dans un programme très riche que vous pouvez consulter sur le site officiel de la manifestation.

Pour tous :

  • De très alléchantes expositions, « Utopies d’hier et d’aujourd’hui : de Thomas More à Luc Schuiten », « Cités idéales, villes utopiques », « 999 au carré », « Bilal & Druillet »… de quoi aborder l’utopie par tous ses angles, littérature, philosophie, bande dessinée, géographie, architecture, mathématiques…
  • Abderrahmane Bekiekh, enseignant à Cinecursus, propose une analyse cinématographique du film Bienvenue à Gattaca. Cette analyse de l’image et du contenu a pour but de mettre en évidence la dimension dystopique, ou contre-utopique, du premier film d’Andrew Niccol. Vendredi 11 octobre à 12h30 à la Bibliothèque des Minoteries.

J’ai projeté Bienvenue à Gattaca à mes Premières S les deux dernières années, autant dire que je le recommande chaudement.

Pour les littéraires :

  • Nombreux événements autour de Russell Banks qui prononcera une conférence inaugurale le mardi 8 à 18h30.  « Frédéric Landenberg, comédien et réalisateur, propose ensuite (à 22h) en lecture Pourfendeur de nuages, son coup de coeur pour ce chef d’œuvre de la littérature américaine, sa «rencontre» littéraire avec cet auteur et son envie de les partager. »
  • Brunch musical et lecture de textes utopiques le dimanche 13 octobre (11-13h)
  • Conférence sur « Les voyages imaginaires dans la littérature » le mercredi 9 octobre à 12h30, Bibliothèque de la Cité.

Pour les historiens-géographes et BTS Tourisme :

  • Elisée Reclus, géographe devant le monde, les vendredi 11 et samedi 12 octobre à la Maison communale de Plainpalais :

    Dans sa volonté de comprendre le monde de façon renouvelée et de dessiner avec exactitude les contours d’une Terre commune à tous, le géographe et anarchiste Elisée Reclus (1830-1905) va imaginer
    un au-delà à la cartographie. C’est en sa compagnie que chacun-e pourra découvrir et expérimenter les coordonnées de cette utopie. Lecture mise en espace et en images par Jean-Louis Johannides de la Compagnie En déroute et Laurent Valdès, en collaboration avec des géographes de l’Université de Genève, Alexandre Gillet et Federico Ferretti.

  • Balade cyclolittéraire qui ambitionne de  tisser des liens entre utopie, littérature et la cité de Calvin ! De l’île Rousseau à l’immeuble Clarté de Le Corbusier en passant par le Grand-Théâtre, le quartier de Saint-Jean ou encore le Musée d’histoire des sciences, de multiples facettes de l’utopie seront contées, le dimanche 13 octobre de 11 à 13 heures

Pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux :

  • Intrigant :

Dans la cour de la Maison communale de Plainpalais, des affiches géantes et des lettres monumentales racontent des équipées sauvages − et néanmoins urbaines−, fruit de l’imagination d’une mystérieuse Société secrète d’Explorateurs municipaux. Autant d’aventures mises en texte par le collectif danois Parfyme et leurs amis (vous ?). Ces textes imposantvoisinent avec un labyrinthe fait de mobilier urbain, en constante évolution grâce au public (encore vous ?). Difficile de visualiser ce «work in progress» ? C’est normal. C’est une utopie. Participative, bien entendu !

  • Audacieux : Une lecture par Isabelle Huppert de textes de Sade choisis et mis en scène par Raphaël Enthoven ? Seulement à partir de la Terminale, je crains. Dimanche 13 octobre à la Maison communale de Plainpalais.
Enfin, pour ceux d’entre vous qui voudraient compléter leurs connaissances sur l’utopie et ne connaissent pas déjà cette ressource, je recommande la très complète exposition virtuelle de la BNF à ce sujet.